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Brèves

Rencontres des O.C. du 12 au 15 juillet 2008 : faites passer !

La rencontre des objecteurs de croissance 2008 se tiendra du 12 au 15 juillet à la Ferme "La Batailleuse" à Rochejean (Doubs). Ce sera l’occasion d’échanger sur les différentes façons d’envisager la décroissance et l’objection de croissance ; sur ce qui se fait et se dit dans les groupes locaux ; sur les structures existantes comme l’association La ligne d’horizon, le ROCADe, l’ADEROC, le collectif decroissance.info ; sur des initiatives communes à penser globalement et à créer et soutenir partout au niveau local. Nous accueillerons les 13 et 14 la marche internationale anti-nucléaire Londres-Genève et proposons, après les rencontres, de parcourir ensemble les trois dernières étapes du 16 au 18 juillet.

les infos à jour seront publiées sur le wiki du ROCADe http://wiki.rocade.info/doku.php/rencontres :start

Pour aider à la diffusion de cette information, vous pouvez imprimer l’affiche ci-dessous et la mettre dans des lieux publics ( cafés associatifs, locaux militants etc ). Merci d’avance et à bientôt.

Affiche O.C. 2008 - 483.5 ko
Affiche O.C. 2008
(PDF, 483.5 ko)

le mercredi 7 mai 2008
par Pierre

Le Figaro rachète décroissance.info

La nouvelle vient d’être annoncée conjointement par la société Socpresse et le collectif des administrateurs du site, decroissance.info entre dans le groupe Figaro pour un montant non révélé.

Le représentant du comité directeur de decroissance.info s’est déclaré « réjoui par cet accord. La crise des subprimes, la flambée du pétrole ou encore les babillages de M. Jacques Attali sont les signes avant-coureurs d’une forte progression de la remise en cause du dogme de la croissance. N’en déplaise à certains la décroissance n’est plus un marché de niche ! » . En effet selon lui « face à l’émergence de passerelle éco, L’age de faire ou encore Silence notre part de marché diminuait. Dans un contexte ultra-concurrentiel, nous nous devions de lever des fonds pour assurer la pérennité du site ».

De son coté, le directeur du Figaro Francis Morel ne tarit pas d’éloge : « C’est ma plus belle opération depuis le rachat de Télé Poche ! Notre lectorat est complètement dépassé et ringard, grâce à decroissance.info nous allons pouvoir aborder de nouveaux thèmes : simplicité volontaire, critique de la techno-science et ateliers lacto-fermentation, voici les nouvelles orientation du journal ! » avant d’ajouter qu’une version minitel du site serait disponible avant la fin de l’année. Par ailleurs, les administrateurs de decroissance.info disposeront d’une chronique hebdromadaire dans le journal, rejoignant ainsi Raymond Aron, Jean D’Ormesson et Omar Sharif dans la lignée des grands éditorialistes du journal.

Face aux inquiétudes exprimées par une certaine frange de son lectorat, le site decroissance.info tient être rassurant : En contrepartie de la revente de leurs informations personnelles, les visiteurs du site se verront offrir une réduction de 10% sur l’abonnement annuel au Figaro , ainsi qu’un stylo Mont Blanc.

Les détails du calendrier de la fusion-acquisition n’ont pas encore été publiés mais on annonce déjà la présence d’Etienne Mougeotte aux rencontres de la décroissance en juillet à La batailleuse !

Retrouvez l’annonce sur le site du Figaro : http://www.lefigaro.fr

le mardi 1er avril 2008
par Le collectif de publication de decroissance.info

Du développement à la décroissance, par Jean-Pierre Tertrais [livre].

Le livre de Jean-Pierre Tertrais Du développement à la décroissance. De la nécessité de sortir de l’impasse suicidaire du capitalisme (2004), est désormais disponible en ligne et gratuitement sur le site des éditions du Monde Libertaire.

Bonne lecture.

le jeudi 27 mars 2008
par Clément Homs

Réponse aux mensonges publiés par le journal La Décroissance

A Mr le Directeur de Publication du journal "La Décroissance" et à toute son équipe

Dans votre n° 46, vous avez choisi d’évoquer le site Internet "decroissance.info" au milieu d’une page qui commence par cette phrase : "Nous présentons ici les réseaux d’extrême-droite qui s’intéressent de très près à la décroissance, que se soit dans leur revues ou sur leur sites Internet."

Cette présentation a visiblement pour but de tromper vos lecteurs sur la nature du site "decroissance.info" qui est engagé sans équivoque dans une lutte contre le discours d’extrême-droite en menant un travail commun d’exposé, de déminage et d’explicitation.

Nous invitons vos lecteurs à lire par eux-même le contenu du site et à vérifier ainsi la qualité des informations que vous leur vendez.

Une question reste ouverte : reviendront-ils vous lire ensuite ?

Le collectif d’administration du site Internet "decroissance.info"

le jeudi 7 février 2008

VÉLORUTION : 1.453 voix pour l’après-croissance à Bruxelles-Hal-Vilvorde

Merci, merci et merci à tous ceux qui ont soutenu nos idées.

Au regard du nombre de candidats (nous étions 11 alors que les listes complètes en totalisaient 34), avec un peu moins de 100,- Euros de dépenses électorales (pour 400 affiches, du papier collant et un site internet sans pub), je crois que nous avons permis à un vrai clivage de s’exprimer.

Les prochains rendez-vous des décroissants belges seront :

- Nous nous joindrons à l’édition belge de la cyclonudista, le 30 juin, place de la Monnaie à Bruxelles dès 12h.

- La marche de l’après croissance du 14 juillet au 22 août entre Maubeuge et Liège.

- D’autres manifestations pour ouvrir les consciences sur l’urgence de la réduction de notre consommation, de celle de notre société, en ce plus particulièrement d’énergie fossile.

- La préparation d’Etats Généraux de la décroissance ou de l’après-développement en été 2008.

Pour toute l’équipe, encore merci, et à très bientôt !

- Résultats en ligne sur le site des élections2007 : http://elections2007.belgium.be/fr/...

le jeudi 10 janvier 2008
par Reginald de Potesta

bulletin Sortir de l’économie n°1

Voici le premier numéro d’un bulletin engageant une réflexion sur ce que pourrait être une sortie collective de l’économie.

Ce numéro est téléchargeable ici (900 Ko) : http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/sde-n1.pdf

Au sommaire :

- Edito : Le monde de l’économie tel qu’il n’est jamais allé
- La religion de l’économie. Interview de Gaston Lafargue, consultant
- Le sabotage comme sortie de l’économie
- Jacques Ellul et le système technicien en sept thèses essentielles

Notes de lecture
- Olivier Rey, Itinéraire de l’égarement
- Jaime Semprun, Apologie pour l’insurrection algérienne
- Des Amis de la Ramade, Du côté de la Ramade

Morceau choisi
- Los Amigos de Ludd n°6, Orwell et la question du machinisme (traduction de l’espagnol)

Bonne lecture, Les rédacteurs.

le mercredi 19 décembre 2007
par bulletin Sortir de l’économie

La CNIL est dissoute

A 10h vendredi 14 décembre, une petite centaine de personnes ont envahi les locaux de la CNIL et prononcé sa dissolution.

Les occupant-e-s étaient venus de toute la France et impliqués dans divers collectifs d’analyse, d’information et d’action (Groupe Oblomoff, Pièces et Main d’Oeuvre, Mouvement pour l’Abolition de la Carte d’Identité (MACI) Halte aux puces !, Coordination contre la biométrie, Souriez, vous êtes filmés !& compagnie...)

Des banderoles ont été accrochées à la façade. Elles annonçaient : "La CNIL 1978 - 2007 : dissolution", "informatique ou liberté, il faut choisir", ou encore "fichage, adn, biométrie, vidéo-surveillance : L’état contrôle, la CNIL s’incline".

Après s’être dispersés dans les locaux pour annoncer la dissolution de l’institution et distribuer un texte explicatif, les occupant-e-s ont convoqué une réunion à laquelle ont assisté une partie des employés ainsi que le secrétaire général "Ian Padova". Ils y ont exposé leurs raisons en détails :

"Depuis sa création en 1978, la CNIL n’a cessé de faciliter et de légitimer l’exploitation numérique de nos vies.

Main dans la main avec les gouvernements et les industriels, elle a concrètement travaillé à ce que l’inacceptable semble acceptable, en réduisant la liberté au contrôle des flux informatiques. Sa mission a consisté à endormir toute critique et toute révolte, en jugeant à notre place et en notre nom de ce qui pouvait porter le nom de liberté.

Loin de « protéger les libertés » comme elle le prétend, la CNIL favorise le développement du contrôle policier des populations via les nouvelles technologies dites « de l’information et de la communication » (TIC) : prolifération des fichiers policiers, vidéosurveillance, biométrie, fichage ADN, puces RFID, passeport biométrique, traçabilité des internautes, etc. « Les Français devront accepter un affaiblissement des libertés individuelles afin de renforcer la sécurité collective » : nous dit la CNIL en 2005.

Nous contestons la fonction prétendument protectrice de la CNIL, simulacre de contrepoids indépendant entre le pouvoir et les citoyens. Cet organe administratif avec ses 17 membres tous grands commis de l’Etat, ne mérite ni moyens ni compétences supplémentaires, mais sa dissolution pure et simple."

Des objectifs concrets de travail ont été exposés suite à la dissolution :

- Le bannissement de la biométrie et des puces RFID ;
- l’abolition de la vidéosurveillance sous toutes ses formes ;
- le démantèlement des fichiers de police (STIC, FNAEG, JUDEX, etc) ;
- l’abolition de la carte d’identité.

Après deux heures de discussion, la direction de la CNIL a demandé aux employés de partir en congé et les a fait sortir, sous la surveillance de la police.

Vers 14h30, le président de la CNIL, Alex Türk, en déplacement à Lille, a fait savoir qu’il demandait l’évacuation des locaux. Afin d’appuyer sa demande, quelques cinq cars de CRS s’étaient déjà regroupés près de l’institution.

Quelques dizaines de gendarmes-mobiles, sont entrés de force dans les locaux puis ont poussé brutalement à l’extérieur les occupants qui s’étaient regroupés dans le hall et se maintenaient en chaîne en criant "La CNIL, c’est CNUL !"

Sous l’oeil bienveilant du secrétaire général de cette structure prétendument garante du contrôle de l’Etat, les policiers ont ensuite encerclé les occupant-e-s dans la cour et les ont soumis à un fichage systématique.

Pour aujourd’hui la CNIL est dissoute, les luttes concrètes continuent sur le terrain.

Tract dissolution CNIL - 222.3 ko
Tract dissolution CNIL
(PDF, 222.3 ko)

le mercredi 19 décembre 2007
par Dissolution de la CNIL

Des revendications qui portent un questionnement sur la recherche

Le jeudi 29 Novembre 2007, l’AG étudiante de la faculté de lettres Paul Valéry de Montpellier réunissant plus de mille personnes a, parmi ses revendications, demandé que l’orientation de la recherche soit questionnée notamment en incluant des débats sur des techniques partageables, émancipatrices et décidées en collaboration avec la population.

C’est une avancée inouïe dans ce cadre quant aux revendications concernant la recherche qui, pour l’instant, se résumaient à demander plus de budgets et d’autonomie pour les chercheurs.

Comment aujourd’hui peut-on accepter de continuer à soutenir unilatéralement toutes formes de recherches quand certaines d’entres elles sont destinées à l’armement, au neuromarketing (et autres techniques industrielles de manipulation des foules), aux techniques à l’échelle atomique ou encore aux chimères génétiques brevetées ?

Tout le questionnement est dans le fait que ces orientations échappent au consentement éclairé des populations au nom desquelles elles sont prises. Il ne tient qu’à nous, à défaut d’être tous d’accord, de lancer au moins le débat, et peut-être comme à Montpellier, de le voter parmi les revendications.

Florian Olivier, alias "bug-in", à l’origine de la proposition qui a été acceptée à l’AG, membre du collectif de publication de decroissance.info

le mercredi 5 décembre 2007
par Bujin Tseu

En soutien aux saboteurs

On nous rapporte des actes de sabotages concertés sur les voies ferrées [1], le jour même où les représentants syndicaux trahissent symboliquement les revendications des grévistes organisés en assemblées générales, à savoir le refus d’allonger la durée des cotisations de retraites.

Il me semble que le message est clair vis-à-vis de ces prétendus représentants et qu’ils l’ont très bien compris.

Mais ces actes ne sont pas très populaires. On ne touche pas à l’outil de travail. Même en en étant l’esclave chaque jour, quelque chose de sacré émane de la machine devant laquelle on s’incline respectueusement, en attendant la parousie de la technologie débarrassée de sa gangue capitaliste ou néo-libérale. La technologie n’est pas l’ennemie mais seulement les rapports hiérarchiques au principe des organisations du travail dans l’économie marchande, cela est parfaitement connu. Donc ces sabotages n’en sont pas, il s’agit d’une tromperie organisée pour décrédibiliser le mouvement de grève. Et pour le camp adverse, qui crie encore plus férocement sa haine, on réclame plus d’automatisation des métros, des trains, des signalisations, afin de rendre techniquement impossibles ces actions de résistance à l’avenir. En fait tout le monde est d’accord : il y a encore trop de vie humaine là-dedans.

Pourtant, le passage de 456 700 agents SNCF en 1939 à 167 000 aujourd’hui n’est pas sans rapport avec l’automatisation d’une part, et la nécessité d’une mise à la retraite d’office dès 55 ans, afin d’absorber progressivement cette diminution de main d’oeuvre [2]. Cela continue aujourd’hui avec le remplacement des guichets humains par des bornes et des services Internet. Cela n’est donc pas sans rapport avec la nécessité de financer ces retraites précoces par les prélèvements de l’Etat, nos impôts ayant finalement servi à rendre possible cette radicale baisse des effectifs. Bref, des choix par défaut ont été faits de remplacer le travail humain par des automatismes, ici comme ailleurs, mais personne ne semble vouloir en assumer les conséquences.

Reprenant la terminologie gouvernementale, les médias présentent le mouvement de grèves et de sabotage en terme de :

1- "Régimes spéciaux", alors que le sous-emploi des plus de 55 ans est commun à l’ensemble des salariés (37,3 %), et qu’il suffit de réfléchir deux secondes pour s’apercevoir que le financement des retraités SNCF à partir de 55 ans joue le même rôle que le financement de l’assurance chômage, des départs en préretraite, des fonds de retour à l’emploi des seniors, etc., pour le restant des salariés de plus de 55 ans. L’augmentation de l’âge du départ à la retraite ne résout rien, absolument rien.

2- "Exactions" pour qualifier le sabotage de quelques dispositifs techniques, alors que notre impuissance vis-à-vis de cette gigantesque infrastructure de transport en commun n’a jamais été aussi manifeste qu’à l’occasion de sa défaillance actuelle. Le constat de notre dépendance radicale est commun aux usagers et aux travailleurs des transports, simples rouages passifs dans une vaste mécanique économique qui nous dépasse.

La réclamation d’un service public pour tous et fiable est dérisoire, elle évite d’avoir à se confronter à la dure réalité de notre impuissance politique, de notre incapacité à se représenter autant le fonctionnement du macro-système ferroviaire que de l’usine à gaz des retraites dont notre futur dépend pourtant. À force d’avoir tout délégué sans possibilité pratique de contrôle (et cela n’est pas une question de privé vs. État), nous ne pouvons maintenant que revenir à l’essentiel et prendre acte de l’opacité des conséquences de nos actes, au travail ou en tant que simple usager ou consommateur.

La prise d’autonomie des assemblées générales vis-à-vis des bureaucraties syndicales est une première façon de réagir à ces mécanismes de délégations sans responsabilité possible. La dégradation volontaire du travail, le freinage, le perruquage, en sont d’autres. N’en déplaise aux tenants du respect inconditionnel de l’outil de production, tout cela relève du bon sens et d’un refus instinctif de notre condition partagée de rouage économique.

le mercredi 21 novembre 2007
par un salarié du secteur privé

Des livres " décroissants " pour emporter (dans son jet privé) aux Canaries et aux Seychelles !


SORTIR DU POLITIQUE : VERS L’AUTONOMIE POST POLITIQUE.


-  Philippe Caumières, Castoriadis. Le projet d’autonomie , Michalon, 130 pages, 10 e. Ce qui surprend immédiatement à la lecture de l’œuvre de Castoriadis, c’est le décalage entre la puissance d’une pensée, sensible pratiquement à toutes les pages, et son côté confidentiel. Est-ce la diversité du parcours de cet homme né en 1922 à Constantinople, fuyant la dictature de Metaxas pour arriver à Paris en 1945, son engagement au sein du groupe, devenu quasiment mythique, " Socialisme ou Barbarie ", son enseignement à l’École des hautes études en sciences sociales ? Est-ce la difficulté de le situer dans un champ disciplinaire défini : militant politique, économiste, psychanalyste, philosophe, penseur de la démocratie, au savoir quasi encyclopédique ? Pourtant cette activité étonnante trouve toute sa cohérence dans le concept d’autonomie, présent d’emblée comme idée essentiellement politique. Comment l’autonomie est-elle possible ? Question double en vérité, indissolublement pratique et théorique. Comment mettre concrètement en place une société proprement autonome, c’est-à-dire se sachant pleinement responsable d’elle-même et des orientations qu’elle prend ? Que suppose ce projet pour les sociétés humaines, leur histoire et les hommes qui les constituent ? (présentation de l’éditeur)

- Miguel Abensour, Hannah Arendt contre la philosophie politique ? , Sens et Tonka, déc. 2006, 17 euros. C’est peu dire qu’aujourd’hui l’Hanna Arendt-mania est une maladie qui a envahi totalement toutes les salles et arrières salles des rédactions de presse, les colonnes de Télérama ou les références des militants altermondialistes. Tous, petits, gros, aux ordres, industriels de la pensée pré-mâchée et autres, communient désormais au totem de ce nouveau monde qui a pour base les années 1990 : Hannah Arendt ! Celle-ci représente alors la bonne conscience de ce beau monde qui ne cherche qu’à éterniser le monde tel qu’il ne va pas et dans lequel la classe managériale des bourgeois-bohêmes ronronne inlassablement dans le confort de sa croissance économique de la valeur. Ils n’ont d’ailleurs à la bouche, qu’un mot qu’aurait selon eux légitimé l’oeuvre d’Arendt : le retour à la politique et le renouveau de la philosophie politique. Devant les sirènes médiatiques de cette célébration officielle de Laure Adler au magazine inoffensif Philosophie, en passant par nos décroissants en chef (voir l’article à mourir de rire, « Hannah Arendt, Mère de la décroissance », La Décroissance qui reprend tous les poncifs des bobos à son sujet), Miguel Abensour va déconstruire dans son magnifique ouvrage toute cette hagiographie actuelle pour dégager enfin les véritables traits subversifs de l’oeuvre d’Arendt. « Si on travaille à faire d’Arendt une des plus plus grandes philosophes politiques de notre temps écrit-il, on aboutira très vite à une Arendt canonique, momifiée, pétrifiée qui fonctionnera bientôt comme une autorité pour légitimer les conservatismes existants, qu’il s’agisse de l’éducation ou de la république. Nombreux sont les arendtiens qui préfèrent passer sous silence cette opposition à la philosophie politique pour mieux soumettre Arendt à leurs fins. Inversément, si l’on prête délibérément attention à cette orientation essentielle, à cette ironie, si l’on accueille la force dérangeante, ne s’aperçoit-on pas que cette extériorité est un passage obligé pour accéder à ce qui chez H. Arendt est inclassable, voire scandaleux et ne se prête nullement à une opération de canonisation ? Bref, on augmente ainsi les chances de retrouver “ l’enfant terrible ”, la dissidente dont la pensée par tout un versant pointe vers une idée libertaire de la politique. Qu’il suffise de rappeler ses positions sur Israël dans le grand texte de 1944, Réexamen du sionisme, sa critique de l’Etat-nation, sa critique de la souveraineté, des partis, sa proximité à W. Benjamin. (...) Sachons reconnaître en Arendt un “taon”, une “torpille”, un Socrate moderne, qui jette un ineffaçable soupçon sur la philosophie politique qui jusque-là paraissait être au-dessus de tout soupçon. Tel un empêcheur de penser en rond, elle met son bâton dans les jambes des jeunes gens, et des moins jeunes, qui se précipitent vers les bibliothèques pour faire de la philosophie politique et leur pose la question préliminaire, tourmentante entre toutes : l’oeuvre d’intelligibilité de la philosophie politique est-elle inexorablement condamnée à se transformer en gouvernement des philosophes ? ou bien est-il possible de concevoir une philosophie politique, qui avertie des dérives éventuelles, se limite à comprendre les choses politiques, le bios politikos, sans se convertir aussitôt en un projet de gouverner la multitude (oi polloi), au nom de la philosophie ? » (p. 259- 260). Nos actuels parangons de la « renaissance de la politique » chez les altermondialistes, et notamment parmi les illusionnés politiques de la décroissance (comme l’étatiste J.-P. Lambert, le très jacobin P. Ariès, ou le planificateur en chef B. Guibert, sans parler des zozos escargophiles du PPLD) en passant par Laure Adler et « Gugus Ier », ont donc en réalité rien à voir avec le souffle subversif de la parole d’ Hannah Arendt. Voilà la revigorante et principale démonstration rigoureuse et très bien documentée de l’ouvrage de M. Abensour. Car « l’homme est apolitique » démontre Ardent, car la politique n’a rien de substanciel, elle est simplement relation, et elle n’apparait pas du tout du fait que les hommes vivent ensemble. Et justement dans ce XXe siècle où l’on a vu « l’expérience de la politisation totale » remarque-t-elle, « la politique a-t-elle finalement encore un sens ? » (Qu’est-ce que la politique ?). Une question subversive que tous les gogos d’Hannah Arendt ne reprendront bien évidemment jamais, tellement ils ne sélectionnent dans son oeuvre que ce qui conforte les justifications de ce qu’ils sont devenus. Mais pour Arendt, « cette question se pose inévitablement du fait du développement monstrueux des capacités modernes d’anéantissement dont les Etats ont le monopole, développement qui aurait été impossible sans ce monopole d’Etat, mais surtout dont surtout dont l’application n’est possible qu’à l’intérieur du domaine politique. Il ne s’agit plus ici seulement de la liberté de la vie, de la continuité de l’existence de l’humanité, voire peut-être de toute vie organique sur terre [ici, Arendt fait un clin d’oeil au De la bombe (1956) de son ancien mari G. Anders]. La question qui surgit ici rend toute politique suspecte, elle fait apparaître comme douteuse la compatibilité de la politique et du maintien de la vie dans les conditions modernes, et elle espère secrètement que les hommes se rendront à la raison et se débarrasseront d’une manière ou d’une autre de la politique avant qu’elle ne les fasse tous périr. Mais l’on pourrait objecter que l’espoir que tous les Etats dépérissent, à moins que ce ne soit la politique qui disparaisse d’une manière ou d’une autre, est utopique, et il est probable que la plupart des gens seraient d’accord avec cette objection. Cela ne modifie pourtant en rien cet espoir et cette question » (Qu’est-ce que la politique ?, Seuil, 1995, p. 65-66). On reconnaît bien là Hannah Arendt dans Sur la Révolution (Gallimard, 1967). Contre les partis politiques et leur démocratie parlementaire où il n’y a plus que des représentants professionnels qui finalement ne représentent plus que eux, tellement à chaque vote de protestations, on dirait que les électeurs n’ont pour seule envie que de faire sauter ce système, Arendt ressaisit une autre forme spécifique du politique - aussi vieille que les partis politiques mais toujours refoulée dans l’histoire. Au travers des « wards » jeffersoniens de la révolution américaine, des clubs révolutionnaires, de la Commune de Paris, des soviets de 1905 ou des conseils hongrois de 1956, c’est donc la forme-conseil, impensée dans sa diginité et sa résurgence systématique, véritable forme de « gouvernement » voulue et exercée par le peuple, qu’Arendt veut promouvoir, et qui forme son « utopie réelle » politique. Et en 2001, lors de l’insurrection algérienne contre l’Etat et son monde qu’a su mettre en perspective de façon stimulante Jaime Semprun (Apologie pour l’insurrection algérienne, Encyclopédie des nuisances, 2001) ou encore Oaxaca en 2006, Hannah Arendt, philosophie de l’autonomie, n’aurait été pas peu fière des libertaires, car la liberté est encore bel et bien devant nous. C.H.

- Comité invisible, L’insurrection qui vient , La fabrique, 2007. Rien ne manque au triomphe de la civilisation. Ni la terreur politique ni la misère affective. Ni la stérilité universelle. Le désert ne peut plus croître : il est partout. Mais il peut encore s’approfondir. Devant l’évidence de la catastrophe, il y a ceux qui s’indignent et ceux qui prennent acte, ceux qui dénoncent et ceux qui s’organisent. Le comité invisible est du côté de ceux qui s’organisent. Dans ce cadre ce livre fait vraiment une très pertinente analyse de l’indignation infantile d’une certaine écolo-moralo-décroissance qui a largement court chez tous les écologistes en général, les anti-publicitaires et le journal La Décroissance en particulier. Cet éthos écologiste de l’indignation était déjà critiqué par Charbonneau comme étant le manque de maturité des écologistes, véritable trait structurel de ceux-ci depuis les années 1910 - et il faudrait même pour lui, remonter aux racines de cet éthos écologiste dans le romantisme et le naturalisme allemands. On peut lire le chapitre 5, « Moins de biens, plus de liens » de cet ouvrage important, qui se rapporte à cette si particulière dé-croissance écologiste (et non à l’a-croissance des athées de l’économie) qui n’apporte que la gestion morale de l’économie sous les formes combinées du pack 2 en 1 de l’Omo-micro Ecologisius : Simplicité volontaire + Ecologie moralo-politicarde (avec ses « limites », son « autolimitation », sa sobriété, ses petits gestes éco-citoyens, ses écolo-taxes, ses RTT afin de pousuivre le travail dans les loisirs, et ses consom’acteurs décroissants). C.H.

-  Louis Janover, La démocratie comme science fiction de la politique , éditions Sulliver, 2007. Le présent livre réunit deux textes qui visent à confronter la théorie, la science de la démocratie, à ses pratiques qui la finit apparaître comme une fiction. Comment l’égalité abstraite entre les citoyens eus peut-elle s’accommoder de l’inégalité féroce qu’introduisent dans les faits les différences de condition sociale et de richesse, problème que l’histoire devait illustrer de manière sanglante chaque fois que les démocrates ont tenté de faire entrer la démocratie dans la réalité conformément à cette promesse. Si bien que l’on peut dire que la démocratie s’est révélée le plus grand ennemi des démocrates et qu’elle a pour première fonction de les empêcher d’aller jusqu’au bout de la démocratie. (présentation de l’éditeur)


SORTIR DE L’ECONOMIE.


- Ingmar Granstedt, Du chômage à l’autonomie conviviale , aux éditions A plus d’un titre (Lyon). Le texte date de 1982 mais reste d’une actualité impressionnante, bien que l’oeuvre de cet auteur soit toujours et encore traversée par un économisme puissant (Ainsi la seule concurrence semble à l’auteur la cause de tous les problèmes globaux. On reste là dans les perspectives autogestionnaires en vogue dans les années 70, aujourd’hui totalement dépassées par les courants actuels de la critique). Cette brochure qui peut être stimulante au niveau de certaines pratiques et d’une démarche générale intéressante, doit donc être aussi soumise à la critique contemporaine. Pour commander cet ouvrage au prix de 9,60 euros. On peut espérer puisque que M. Granstedt avait demandé à ce que son dernier ouvrage (La Folle concurrence) soit directement disponible en ligne sur le site de La Ligne D’horizon, cette brochure soit également disponible sous la même forme. C. H.

-  Jacques T. Godbout, Ce qui circule entre nous : Donner, recevoir, rendre , Seuil, 394 pages, 22 e. La pensée dominante assure que ce qui circule entre les hommes se définit essentiellement par l’échange marchand. Or le lien social n’est pas seulement fait de calculs et d’intérêts réciproques. Fondateur de la pensée libérale, Adam Smith l’avait pressenti il y a deux siècles, et avançait le concept de sympathie, puissant ressort de l’action humaine que les neurosciences mettent aujourd’hui en évidence. Plus tard, c’est Marcel Mauss qui posera les bases théoriques d’une véritable pensée du don. Sur le bénévolat, le don d’organes, certes ; mais aussi sur la famille, l’art, la justice et même, pourquoi pas, la rationalité instrumentale ; sur la théorie des jeux et l’analyse stratégique, que nous apprend aujourd’hui ce modèle du don ? Pourquoi le don est-il toujours et partout présent ? Même quand, apparemment, il n’a plus de raison d’être, nous constaterons qu’il est là, malgré tout. Car le don ne se réduit pas à la bienveillance qui fonde la morale, ni à la pitié ou la compassion de Schopenhauer décriée par Nietzsche. Le don est dangereux, comme le rappelle ce mot de Confucius : "Pourquoi m’en veux-tu autant ? Je ne t’ai pourtant rien donné." Le don fait appel à une multitude de "passions" : honneur, prestige, image de soi... En se bornant à étudier la seule circulation marchande, les théoriciens du libéralisme occultent tout un pan de la réalité sociale et contribuent, sans le vouloir, à la désespérance générale. Fruit de dix années de recherches, cet ouvrage, en s’intéressant aux échanges humains qui ne passent pas par le marché ou la redistribution publique, veut nous aider à mesurer les limites de la mondialisation marchande. (présentation de l’éditeur)

-  Christian Laval, L’homme économique : Essai sur les racines du néolibéralisme , Gallimard, 396 pages, 24 e. Le néolibéralisme entend triompher partout dans le monde comme la norme unique d’existence des êtres et des biens. Il n’est pourtant que la pointe émergée d’une conception anthropologique globale qu’au fil des siècles l’Occident a élaborée. Celle-ci pose que l’univers social est régi par la préférence que chacun s’accorde à lui-même, par l’intérêt qui l’anime à entretenir les relations avec autrui, voire l’utilité qu’il représente pour tous. La définition de l’homme comme "machine à calculer" s’étend bien au-delà de la sphère étroite de l’économie, elle fonde une conception complète, cohérente, de l’homme intéressé, ambitionnant même un temps de régir jusqu’aux formes correctes de la pensée, à l’expression juste du langage, à l’épanouissement droit des corps. Cette anthropologie utilitariste, fondement spécifique de la morale et de la politique en Occident, fait retour avec le néolibéralisme contemporain sous des formes nouvelles. En retraçant, dans un vaste tableau d’histoire et de philosophie, les racines du néolibéralisme, Christian Laval donne à voir la forme, le contenu, la nature de la normativité occidentale moderne telle qu’elle s’affirme aujourd’hui dans sa prétention à être la seule vérité sociale, à se poser en seule réalité possible. (présentation de l’éditeur)

-  François Partant, La Ligne d’horizon. Essai sur l’après-développement , L’harmattan, 2007. Dans ce livre posthume, initialement publié en 1988, François Partant répondait avec rigueur et inventivité à des questions essentielles qui n’ont rien perdu de leur actualité : comment l’idéologie du progrès, née en Occident, s’est-elle diffusée sur toute la planète ? Comment a-t-elle conduit à des politiques de développement ayant souvent des effets désastreux pour les hommes ? Depuis quand la crise économique a-t-elle modifié profondément les règles du jeu international ? Quelles sont les ruptures nécessaires pour enrayer l’exclusion de populations de plus en plus nombreuses et pour redonner de l’humanité aux relations sociales ? La Ligne d’horizon est un peu le testament politique d’un fin connaisseur de deux milieux trop fréquemment étanches l’un à l’autre, auxquels François Partant s’était toujours intéressé : celui de la haute banque et des sphères du pouvoir et celui des paysans, artisans et chômeurs, tant dans le tiers monde que dans les pays industrialisés. La Ligne d’horizon, c’est également celle qu’on entrevoit depuis nos Etats industriels développés et qui nous signale les changements à venir. (présentation de l’éditeur)

- Marshall Shalins, La découverte du vrai sauvage et autres essais , Gallimard, 2007. Le domaine de prédilection de l’anthropologue Marshall Shalins, c’est le Pacifique : les îles Fidji, la Polynésie, Hawaii. Tous les essais réunis dans ce volume posent le problème de la rencontre des cultures de cette région avec le capitalisme dans ses versions européennes et américaines. La thèse générale consiste, contrairement au courant rousseauiste qui ne voit que le côté destructeur de cette rencontre, à montrer comment ces peuples réagissent à l’arrivée des armes et des marchandises, en adaptant leurs institutions et en assimilant les rapports extérieurs dans un cadre qui prolonge leurs traditions. Plusieurs de ces essais sont de petits chefs-d’œuvre par l’art de l’exemple, la souplesse du style, l’humour et l’absence de démagogie tiers-mondiste. Le tout pose la grande question de la possibilité d’une histoire universelle aujourd’hui. Elle donne à tous ces essais d’anthropologie une dimension inhabituelle. (présentation de l’éditeur)


SORTIR DE L’ECOLOGISME.


- Guy Bernelas, La Robe de Médée. Considérations sur la décimation des abeilles , hiver 2006, à compte d’auteur. Pour commander cet ouvrage que l’on ne retrouve pas en librairie, il faut envoyer un chèque à l’ordre de la librairie l’Ange bleu de 11, 90 euros. Librairie L’ANGE BLEU. Ses coordonnées. Adresse : 7 RUE SAULNERIE 41100 VENDOME FRANCE. Téléphone : 02 54 23 62 74. Fax : 02 54 67 17 05 (Adresse électronique : librairielangebleu(Arobase)wanadoo.fr ). Pour lire le compte rendu de cet ouvrage par Deun. Pour lire un extrait de cet ouvrage qui pose de véritables questions critiques aux propositions soutenues par Serge Latouche. C.H.

- Le numéro 18 (printemps 2007) de la revue Réfractions, recherches et expressions anarchistes, porte sur « Ecologie, graines d’anarchie » , 12 e. Enfin une approche de la décroissance qui allant vers le paradigme de l’autonomie et de l’auto-organisation, rompe totalement avec la technocratie d’Entropia (qui a délibérément décidée de discutailler avec les comiques altermondialistes de Gorz à Guibert et Harribey ; et de se vautrer dans la réflexion sur des propositions de politiques publiques) et l’universalisme chrétien de La Décroissance. D’ailleurs d’emblée l’éditorial du numéro annonce clairement la couleur : « la rhétorique de la croissance durable n’est qu’un écran de fumée. La croissance continue supposée par le capitalisme ne sera jamais durable ! Mais un discours sur la décroissance qui suggérerait que tout le monde doit resserrer sa ceinture de quelques crans, les exploités comme les exploiteurs, serait inacceptable : prendre au sérieux la crise de l’environnement exige donc de remettre en question non seulement la croissance, mais aussi le capitalisme » (p.3). On regrette pourtant que cette revue en reste toujours à une bécasse critique du capitalisme, sans en venir à une critique de l’économie tout court (cf. de Jappe, Guy Debord, Denoël, 2000 ou Les Aventures de la marchandises, Denoël, 2003. Et plus encore Michel Henry, Marx, 2 tomes, Gallimard, 1991, 1976). Mais passons. Face aux problèmes environnementaux, longtemps niés ou minimisés, les États, les groupes industriels et financiers proposent une « croissance durable » que l’on sait non viable. Un « capitalisme vert » vient transformer en profits les préoccupations écologiques des populations. Peut-on imaginer des réponses non technocratiques, non autoritaires à la crise écologique majeure d’aujourd’hui ? Dans cette perspective stimulante que ne se sont jamais posés les zozos de la décroissance, Réfractions analyse des expériences et explore des pistes (un long article très bien fait sur l’expérience de « Longo Maï ») montrant que les exigences de la sauvegarde de l’environnement et celles du changement social vont de pair. Pierre Sommermeyer revient dans un article sur la question centrale d’un risque technocratique au sein de la mouvance-auberge espagnole de la « décroissance » : « Etat vert et capitalisme vert sont les alliés qui mettront en place une décroissance inégale, imposée et désirée » (p. 62). Et c’est peu dire que certains parmi les décroissants, ont déjà retroussé bien haut leurs manches. En effet, les prises de positions planificatrices de Bernard Guibert, politiciennes du journal La Décroissance, ou encore les politiques publiques du PPLD, le revenu maximum de décroissance d’Hervé Kempf, comme les écolo-taxes ou les solutions proposées par François Schneider et plus encore par Serge Latouche (on verra dans l’ouvrage de Guy Bernelas ici signalé, les critiques qui sont faîtes à cet auteur), sont marquées par un idéalisme politique quand ils ne font pas que réclamer des mesures radicales qui nécessiteraient un Etat fort (cf. l’excellent article de C. Tarral et notamment sa version revue dans le n°7 de Notes et Morceaux choisis) qui contraindrait la croissance économique et organiserait une sorte d’économie de survie déjà réclamée en 1974 par « l’ex-technocrate » René Dumont, comme disait Bernard Charbonneau. Pour résumer ce que serait la société de décroissance selon nos idéologues : le pays de la joie technocratique de vivre ! B. Charbonneau déjà dans le Feu vert disait que cette sur-organisation écologiste de l’économie aurait pour prix celui de la perte de liberté. Denis Baba - seule personne qui semble désormais cohérente et sensée au sein de la mouvance décroissance - dans son dernier article de La Décroissance, allait même jusqu’à remettre en cause la très sainte idée technocratique chère à S. Latouche, de « l’internalisation des coûts environnementaux » dans le calcul de la valeur des marchandises (ce qui ne ferait en effet que prolonger la religion de l’économie). Et c’est peu dire que l’idée de l’internalisation est depuis toujours la tarte à la crème de « l’écologie machinique », comme disait Guattari. Ce dernier dans Les trois écologies, ne pouvait aussi que s’étonner de voir les écologistes défendre l’idée d’un « revenu garanti » ou d’un « revenu d’existence », qui ne feraient que renforcer de manière technocratique l’intégration des gens à la Méga-machine techno-économique. En voulant sauver la planète, l’écologie politique est (oui) bel et bien sur le fil du rasoir technocratique. Et l’enfer sur-organisationnel comme disait Charbonneau, est bien pavé des meilleures intentions écologistes. Mais ce numéro aborde aussi la critique anti-industrielle et notamment celle des nécrotechnologies avec une percutante interview avec Pièces et Main d’Oeuvre. On notera aussi un intéressant article de Martial Lepic, « Le yaourt ou la yourte : écologie, transports et décroissance », même si encore une fois dans ce numéro, éclate au grand jour le peu de réflexion sur « l’invention de l’économie » et sa nécessaire réfutation. Ainsi l’auteur après avoir décortiqué la place des transports dans les échanges, n’en appelle finalement qu’à « repenser les échanges pour qu’ils agissent dans la rupture avec ce système fondé sur les flux, pour l’opposer à des pratiques qui retrouveraient le sens du stock [Waaa ! les stocks c’est la révolution !], moyen privilégié de la nature pour gérer l’aléa fondamental du temps dans le rapport à son environnement ». Là encore on croit rêver quand on appelle bêtement à la « gratuité du transport des marchandises et du transport collectif », vieille scie de la FA. L’interdépendance échangiste capitalistique se passerait en effet très bien des coûts de transport s’ils étaient pris en charge par la collectivité autogérée par la classe managériale (car notre auteur croit encore à l’auto-gestion de l’économie). Dans ce numéro on notera aussi un « In Memoriam » à M. Bookchin, et des recensions des derniers livres de Silvia Perez-Victoria (Les Paysans sont de retour, par Claude Llena, le mouton noir d’Entropia) et d’Hervé Kempf (Comment les riches détruisent la planète et comment Hervé se paye notre gueule avec un livre qui vaut que dalle, Seuil, 2007). La recension compatissante de ce dernier ouvrage qui ne propose pas moins qu’un « revenu maximal admissible » dans la ligne de Gorz et du « revenu maximum de décroissance » des Casseurs de Pub, quand il ne repose pas sur un vide qui tient pour analyse de l’économie (comme Veblen, Kempf, Latouche, Ariès et cie, ne veulent pas critiquer les catégories de base de la production en elle-même. Pour eux, la production ne doit plus être illimitée car aujourd’hui, « la production est suffisante, la question qui se pose à l’économie porte sur les raisons et les règles de la consommation » (H. Kempf). Vive la consommation, à bas le consumérisme ! Vive la croissance, à bas la surcroissance ! : voilà la tarte à la crème des Casseurs de Pub depuis des années. Et le petit peuple des antipub, ils adorent), exprime d’ailleurs l’éternel confusionnisme ambiant des anarchistes de cette revue sur la question de la critique de l’économie tout court (revue pourtant stimulante sur bien d’autres sujets). Cependant la critique d’une certaine décroissance aujourd’hui totalement dominante, fait de ce numéro de la revue une réussite, puisqu’elle aborde des questions de front que la grande majorité des « décroissants » veulent encore faire l’autruche face à ces interrogations centrales, quand Entropia et l’entreprise Parangon-copains-et-cie ne censurent tout simplement pas tout point de vue divergent : Réfractions remet ainsi clairement les pendules à l’heure et des limites à la décroissance comme à la croissance, et il était grand temps. C.H.

- Association contre le nucléaire et son monde, Histoire lacunaire de l’opposition à l’énergie nucléaire en France , Editions de La Lenteur, 2007. Après le n°7 de la revue Notes et Morceaux Choisis, voici le deuxième livre des jeunes éditions de La Lenteur qui est fraîchement sorti de l’imprimerie. L’opposition au nucléaire à partir des années 1970, a certainement permis d’identifier et de départager au mieux parmi les innombrables écologistes, ceux qui allaient finir par verser dans l’écologie politicienne, citoyenniste et courber l’échine devant l’Etat, sa police et sa démocratie-des-bouches-cousues ; et ceux qui étaient bel et bien décidés à bavés dans cette soupe là. La mouvance des « autonomes » avec l’usage de la violence délibérée comme outil politique, faisait dorénavant parti du paysage et de la contestation sans concession du ravage de la Terre et de son nucléaire. Les écologistes non-violents qui donneront lieu à la fondation du magazine S !lence (on se couche !) (avec le maître de sagesse Michel Bernard, un pro-NégaWatt et pro-éoliennes industrielles, qui n’a toujours pas appris à lire), eux, comme Lanza del Vasto qui appelait devant les charges violentes de CRS à Malville, à être gentil et à se replier, n’en finissaient pas de ramper bientôt vers les urnes et les petits gestes-citoyens pour la planète. La peur de la violence des charges de CRS faisait en effet accepter à M. Del Vasto, la violence du pouvoir et du nucléaire (on verra notamment le témoignage d’un prêtre anarchiste contre l’attitude de Del Vasto à Malville, que Jacques Ellul a mis en annexe de son ouvrage, Anarchie et christianisme, La Table ronde, 1988, 1998). Cet ouvrage dresse donc l’histoire de ces luttes contre le nucléaire, qui fut par rapport aux autonomes, aussi celle des reculades formidables de l’écologie pitoyable, non-violente parce que déjà gestionnaire et simplement machinique (mais ils ne voulaient pas encore se l’avouer). Cette opposition au citoyennisme écologiste, refaisait encore surface lors des luttes contre les OGM à la fin des années 1990, dans l’opposition de l’enragé anti-industriel René Riesel, à la fausse conscience du citoyen José Bové (voir René Riesel, Déclarations sur l’agriculture transgénique et ceux qui prétendent s’y opposer, Encyclopédie des nuisances, 2000) ou encore dans la manifestation « Contre Minatec et son monde » en juin 2006 à Grenoble. Une recension de cet ouvrage sera faite sur decroissance.info ou sur 1.libertaire, dans les mois qui viennent. Au sommaire de l’ouvrage : Le Manifeste du 6 décembre 1975 ; Les mythes décisifs. Aux écœurés de Malville ; Plogoff occupé ; Un récit de la lutte contre la centrale nucléaire de Chooz B ; Plateforme du comité des « Irradiés de tous les pays unissons-nous » ; Chronique de la résistance des populations opposées au projet de cimetière nucléaire souterrain en France ; Du mensonge radioactif et de ses préposés. Vous pouvez commander cet ouvrage chez votre libraire ou le commander directement aux éditions de La Lenteur, 127 rue Amelot, 75011 Paris ; le prix est de 15 euros franco de port. Bonne lecture ! C.H.

-  Descola P., Par delà nature et culture , Gallimard, 2006. Un vrai pavé dans la gueule des écologistes, environnementalistes, naturalistes et décroissants développementistes, comme dans celle des sociétés de croissance. Seul l’Occident moderne s’est attaché à classer les êtres selon qu’ils relèvent clos lois de la matière ou des aléas des conventions. L’anthropologie n’a pas encore pris la mesure de ce constat : dans la définition même de son objet - la diversité culturelle sur fond d’universalité naturelle, elle perpétue une opposition dont les peuples qu’elle étudie ont fait l’économie. Peut-on penser le monde sans distinguer la culture de la nature ? Philippe Descola propose ici une approche nouvelle des manières de répartir continuités et discontinuités entre l’homme et son environnement. Son enquête met en évidence quatre façons d’identifier les " existants " et de les regrouper à partir de traits communs qui se répondent d’un continent à l’autre : le totémisme, qui souligne la continuité matérielle et morale entre humains et non-humains ; l’analogisme, qui postule entre les éléments du monde un réseau de discontinuités structuré par des relations de correspondances ; l’animisme, qui prête aux non-humains l’intériorité des humains, mais les en différencie par le corps ; le naturalisme qui nous rattache au contraire aux non-humains par les continuités matérielles et nous en sépare par l’aptitude culturelle. La cosmologie moderne est devenue une formule parmi d’autres. Car chaque mode d’identification autorise des configurations singulières qui redistribuent les existants dans des collectifs aux frontières bien différentes de celles que les sciences humaines nous ont rendues familières. C’est à une recomposition radicale de ces sciences et à un réaménagement de leur domaine que ce livre invite, afin d’y inclure bien plus que l’homme, tous ces " corps associés " trop longtemps relégués dans une fonction d’entourage. (présentation de l’éditeur)

-  John Clark, Introduction à la philosophie écologique et politique de l’anarchisme , Atelier de création libertaire, 2002, réédition en 2007, 82 pages, 4 e. Face à la crise des idéologies de droite comme de gauche, les trois essais que nous proposons dans cette brochure (Qu’est-ce que l’anarchisme ?, La politique de la libération : de la classe à la culture, L’anarchisme et la crise mondiale actuelle) ouvrent une autre perspective : le communautarisme anarchiste, à propos duquel, tôt ou tard, doit s’interroger tout écologiste et tout théoricien de la libération. Mais aussi question pour toute philosophie alternative à la politique de l’autruche qui consiste à ne réagir qu’au coup par coup au lieu de décider d’orienter son destin. (présentation de l’éditeur)

- Thierry Paquot, Utopies et utopistes , La Découverte, coll. Repères, 2007, 123 pages. C’est avec la parution, en 1516, de l’ouvrage de Thomas More, L’Utopie, que se répand l’usage du mot et que naît un genre littéraire qui conjugue critique sociale et description d’une société plus juste. Avec l’utopie, il ne s’agit pas d’un futur meilleur mais d’un ailleurs présent, où règnent le bonheur, l’équité et l’abondance. Thierry Paquot explore diverses utopies écrites ou pratiquées à partir de thèmes privilégiés : le travail et les loisirs ; l’éducation ; la famille et les relations amoureuses ; la ville et l’architecture. L’utopie s’associe au cours du XIXe siècle à l’uchronie, puis à la science-fiction, pour proposer des alternatives à la " société de consommation ". L’utopie cache le pire et le meilleur, elle sait être autoritaire, totalitaire, ascétique, triste et uniformisante, comme elle peut favoriser le déploiement des désirs, multiplier les plaisirs, répondre joyeusement aux attentes de chacun. Ce sont ces paradoxes qu’expose cet ouvrage pédagogique tout en présentant au lecteur les œuvres de More, Bacon, Fénelon, Diderot, Sébastien Mercier, Owen, Saint-Simon, Fourier, Bellamy, William Morris et bien d’autres " sublimes rêveurs ". W. Morris est ainsi considéré par Paquot comme un « précurseur de la décroissance » (l’a-croissance en fait), à l’inverse de l’utopie mégalomaniaque et étatico-technocratique de celle de Bellamy dont se réclame certains écologistes de la décroissance, comme le distributiste étatiste Jean-Paul Lambert et sa revue Prosper. C.H.


LA CRITIQUE « ANTI-INDUSTRIELLE » DE LA TECHNO-SCIENCE.


-  PMO, La tyrannie technologique : critique de la société numérique , éditions L’échappée, avec Cédric Biagini, guillaume Carnino, celia Izoard, 2007, 11 euros (dont nombreux font partie d’OLS, Offensive libertaire et sociale, et à sa revue Offensive). Après le travail et le sommeil, la troisième activité des Occidentaux est de regarder la télévision. 80% de la population française possède un téléphone portable contre moins de 5% dix ans plus tôt. Créée en 1998 dans un garage, la société Google est aujourd’hui cotée en bourse et valorisée à plusieurs milliards de dollars. Au cours des dix dernières années, les ventes d’antidépresseurs ont doublé. Les nouvelles technologies, fer de lance et alibi d’une industrie obsédée par la rentabilité, participent chaque jour un peu plus à la destruction du lien social et à la disparition des formes anciennes de sociabilité, d’organisation du travail et de la pensée. Leur diffusion massive et leur omniprésence posent les bases d’une véritable mutation anthropologique comparable à l’apparition de l’écriture. Si l’alphabétisation fut bien souvent la compagne de l’émancipation, les technologies contemporaines préparent et organisent un monde fondé sur la vitesse, l’immédiateté, la superficialité, le profit et la mort. Ecrit par plusieurs auteurs tirant leurs réflexions de leurs travaux militants ou universitaires, La Tyrannie technologique dresse un panorama lucide et percutant de l’emprise des nouvelles technologies sur notre vie quotidienne. (présentation de l’éditeur)

- Giorgio Agamben, Qu’est-ce qu’un dispositif ? , Rivages, 2007, 50 p., 5 euros. Les dispositifs où se nouent désormais nos existences - du téléphone portable à la télévision, de l’ordinateur à l’automobile - ne se trouvent pas face à l’homme comme de simples objets de consommation. Ils transforment nos personnalités. La question devient alors : quelle stratégie devons-nous adopter dans le corps à corps quotidien qui nous lie aux dispositifs ? (quatrième de couverture)


IDEOLOGIES DU PROGRES.


-  Pierre-André Taguieff, Les contre-réactionnaires : Le progressisme entre illusion et imposture , Denoël, 2007, 620 pages. Ce livre est l’histoire d’une illusion devenue escroquerie : l’idéologie du progrès, ou progressisme. Il montre comment fut dévoyée une authentique pensée de l’émancipation pour devenir l’alibi d’entreprises politiques parfois criminelles. La grande simplification eut lieu dès le milieu du XIXe siècle. où le progressisme se figea en une utopie futuriste et scientiste tournée vers les " lendemains qui chantent ". Dès lors. l’idéal de la libération de l’humanité, comme celui d’un bonheur pour tous dans une société plus juste, subit une falsification dévastatrice dont le stalinisme fut le point culminant. Parallèlement, le progressisme n’a jamais cessé de justifier le productivisme et le culte de la croissance, responsables de la vandalisation de la planète. Le terrorisme intellectuel s’exerce aujourd’hui au nom de l’antifascisme, forme faible du progressisme, dans laquelle la visée d’émancipation a été remplacée par la pratique de la dénonciation. Lorsque l’antifascisme n’a plus de vrais fascismes à combattre, les campagnes de délation suppléent aux luttes de libération. Les nouveaux progressistes se contentent de faire la chasse au Mal politique, incarné par les " puissants ", les " dominants " et les " réactionnaires ". Ils ne prétendent plus " créer l’homme nouveau " ni " changer la vie ", ils se donnent pour seule ambition de barrer la route à la " réaction " ou à la " barbarie " dont le nouveau nom est l’Amérique, avec son " impérialisme " et son " libéralisme sauvage ". et bien sûr son diabolique allié, le " sionisme international ". Leur stock de slogans s’est enrichi de la mise en accusation des " néo-réacs ". Un nouveau conformisme s’est installé... Renouvelant en profondeur l’histoire des idées politiques, cet essai met au jour d’étranges filiations entre les totalitarismes d’hier et les pseudo-résistances d’aujourd’hui. (présentation de l’éditeur)

- Alliance des ultra-sceptiques optimistes, Matrice téléologique et De l’hypothèse à l’hypostase , Belles Emotions, 2007, 9 euros. Le premier texte est disponible en ligne sur le site des téléologues ouverts. Voici une bien stimulante critique de la notion d’infini (et donc d’illimité). On sait que la décroissance dans sa critique du progressisme pousse à cette remise en cause du sens eschatologique de l’histoire et de son idéologie du progrès, et aucun groupe d’ultra-gauche (ici de tendance post-situationniste), à ma connaissance, n’a autant porté la critique sur ce sujet que ne l’ont fait un groupe de théoriciens appelait les « téléologues ouverts ». Certains n’ont pas envie de les prendre au sérieux, ou alors considèrent que l’objet de leur critique est seulement « secondaire ». Or, et quelque soit les thèses que vont postuler les téléologues pour réfléchir à leur objet (car on est pas forcément d’accord avec leurs présupposés, mais on reconnaît que la critique de ce sujet-objet, est aujourd’hui centrale. On verra pour anecdote les réflexions de Jean-Marc Mandosio - que nous ne partageons pas totalement ou plutôt en un tout autre sens - à propos des téléologues, dans Après l’effondrement. Notes sur l’utopie néotechnologique, Encyclopédie des nuisances, 2000), ce débat sur cet objet devrait retenir et mériter l’attention de tous (et d’ailleurs des « décroissants », même si la grande majorité d’entre eux est évidemment au dessous de toute critique). Au moins pour en débattre et s’approprier ce thème aujourd’hui primordial car peu dégagé (et c’est peu dire, qu’à plusieurs reprises, on voit que les téléologues pataugent à l’aveuglette dans ce sujet - ce qu’ils reconnaissent -, mais ce n’est là finalement que la responsabilité de l’ensemble de la critique radicale qui brille depuis toujours, sur ce sujet, par sa totale absence). Car quel est l’objet de leur critique ? « Une critique radicale de la notion d’infini », de l’illimité... Voilà qui curieusement rejoint certains objets de réflexion de la décroissance. A travers cette critique de l’infini, c’est bien entendu l’idée de progrès, de sens de l’histoire, etc., qui est mis en cause. Cependant la différence majeure entre les téléologues et la manière dont certains décroissants répondent à la question de l’illimité en voulant simplement poser des « limites » et des « auto-limites », c’est-à-dire en restant dans une vision moralisante de toujours la même vision de l’infini (on lira l’article à dormir debout de J.-C. Besson-Girard sur les pompeux « Fondements philosophiques à une auto-limitation », dans Entropia, n°1), les téléologues, eux, veulent réfuter radicalement la vision de l’infini, par justement leur proposition téléologique : « tout à une fin ». On est donc loin du « tout à une limite ou doit en avoir » des décroissants (de leur vision entropique débile ou utilitariste, qui comme chez le petit père Georgescu-Roegen, ramène tout à une cybernétique énergétique, etc.). Les téléologues se mettent carrément hors du champs de l’infini, alors que les décroissants veulent simplement moraliser et limiter ce champ afin de le gérer en bon père de famille. La force des téléologues, c’est qu’il ne font pas seulement une critique de l’infini, ils avancent carrément une matrice pouvant s’opposer et remplacer la matrice progressiste de l’illimité. Et c’est cela par rapport aux décroissants, qui est très intéressant comme démarche. Un ouvrage auquel on pourrait faire de lourdes réserves (constructionnisme, fausse analyse de l’aliénation - comme celle de M. Voyer -, etc. Je reprends personnellement celle qu’a exprimé Michel Henry dans les 2 tomes magnifiques de son Marx, Gallimard, 1976, qui à part chez les éditions Sulliver qui ont publié récemment une série d’entretiens avec ce phénoménologue, ou les revues Contre Temps et Prétentaine, brille encore par sa totale absence dans l’essentiel du monde post-situationniste), mais de toute façon extrêmement stimulant. Ouvrons le débat ! C.H.

le mardi 2 octobre 2007
par Clément Homs

Festival Cinécolo à Paris

D’un coup de pédale, d’un battement d’ailes de coccinelle, posons nos valises sur la planète environnement. Cinécolo propose de rassembler sur la toile, diverses expériences de vie ou de philosophies, parcours sincères et singuliers d’Eco- citoyens qui, en marge des nombreux débats et questions politiques, participent à l’élaboration de nouvelles consciences environnementales.

Proposant des solutions alternatives aux fatalismes mondialistes et mercantiles, ces parcours d’éco constructeurs, recycleurs, vélocipèdes, anti-nucléaires ...seront l’occasion d’interrogations, de rencontres et d’échanges, autour d’une bière , au détour de stands d’information, de forums ou de chansons (concerts...) ll ya aura même un point info énérgie et des toilettes sêches !!!!

Alors, dès le 17 et jusqu’au 23 septembre, retrouvons la terre à l’Atoll !

PROGRAMME

Lundi 17 septembre, à 19 heures : Concert des Los Torres, chanson rock festive.

20 H 30 : Le bien commun, de Carole Poliquin. Débat avec Jacques Cossart, économiste, secrétaire général du conseil scientifique d’Attac.

L’eau, la santé, les gènes humains et végétaux, les connaissances anciennes et nouvelles : plus rien ne semble échapper au destin de marchandise. Le film raconte plusieurs histoires tournées au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en France, au Brésil et en Inde, qui témoignent des conséquences de la soumission du monde aux intérêts privés.

Mardi 18 septembre, à 20 heures : Une auto de moins, de Louis-Philip Pontriand, ainsi que des courts métrages. En présence de Jérome Desquilbet, de l’association Vélorution.

Trois jeunes cyclistes décident de traverser un continent, avec le vélo comme moyen de locomotion. Au fil des jours, le paysage prend une autre apparence. Les rencontres et leur regards s’ouvrent à de nouvelles expériences : un voyage intense, grâce à un mode de transport doux et écologique...

Mercredi 19 septembre, à 20 heures : Le Jardin encombré de Laetitia Couderc. En présence de la réalisatrice et de salariés des ateliers de la Bergerette, fondateurs de la première recylerie et ressourcerie en France.

Depuis 1984, à Beauvais, cette association récupère les déchets et les encombrants, les répare et les revend dans un grand magasin à prix modéré. Au delà de cette activité, ce groupe a choisit un fonctionnement et une démarche très particulière : autogestion, sensibilisation à l’écologie, polyvalence, reflexion critique sur la consommation...

Jeudi 20 septembre, à 20 heures : Le sacrifice, de Wladimir Tchertkoff. En présence de José Oria, du Réseau sortir du nucléaire.

Pendant 15 ans, le réalisateur a filmé cinq « liquidateurs », ayant participé au nettoyage du site de Tchernobyl. Accompagné d’images prises après la catastrophe, il présente ici les témoignages de ces hommes qui se sont sacrifiés, afin d’éviter une catastrophe encore plus grande. Une soirée pour se questionner sur les choix énergétiques...

Vendredi 21 septembre, 19 heures : concert de la fanfare Texas Couscous

20 h 30 : Freibourg, une écoville ou une écoloville ? de l’association Riv’nord. Débat avec Jérôme Duclous de l’association Urbanisme et démocratie, ainsi que Brigitte et Jean Bonnefille, porteurs de projet d’un lieu de co-habitat. En présence des Amis de l’Ecozac.

Le quartier Vauban, dans la ville de Freibourg en Allemagne, a été construit avec des techniques et des matériaux respectueux de l’environnement. Cette expérience unique, avec le quartier de Bedzed de Londres, permet d’imaginer les éco-quartiers de demain. Nous discuterons aussi du Co-habitat, expérience nordique et américaine d’habitat collectif et écologique.

Samedi 22 septembre : journée champêtre, festive et coopérative. RDV à 12 h30 (départ 13h00), pour un pique-nique en direction de la petite ceinture. Concert des assedic’hs, Fanny et Marine...

A 17 heures, projection : Travailler plus ou moins autrement, de l’association riv nord. Quatre pas dans l’économie solidaire à Saint-Denis et Ile Saint-Denis, à travers Alices, Andine, Coups de mains et Femmes Actives. Débat avec Pierre Gayral, membre de la coopérative Andines.

A 19h00, projection : Vivre autrement le présent (Jan Gassman et Eric Andreae) : Ce film relate, dans quatre coins du monde (Mexique, Sénégal, France et Inde), l’engagement de personnes qui réinventent leur quotidien et cherchent leur liberté par des actions collectives.

A partir de 20 heures : Concerts de Frédéric Fromet, M’ame et toko de hm...hm..., Guyom toutseul et La Vaste Offensive Horticole

Dimanche 23 septembre : Un regard touchant et sensible sur la nature...

13 heures : Concert de Riton la Manivelle. De 14 heures à 16 heures, Projection de Films surprises (y a du chouette...). A 16 heures : débat avec Serge Latouche, Professeur émérite à l’université de Paris-Sud.

17 heures : L’homme qui plantait des arbres, nouvelle de Jean Giono mis en image par Frédéric Back. Suivi de Les glaneurs et la glaneuse, d’Agnès Varda (présence probable d’une personnalité du film). A 19 heures : Concert de musique Tzigane.

le vendredi 24 août 2007
par mishelu

Rencontres des Objecteurs de Croissance : demandez le programme !

Du dimanche 26 au mercredi 29 août, les Objecteurs de croissance se donnent rendez-vous du à Royère de Vassivière au lieu-dit Le Villard, dans la Creuse pour des rencontres fraternelles et conviviales, afin d’élaborer ensemble un projet politique et construire un outil politique pertinent (réseau ou mouvement) pour diffuser le concept de décroissance ou d’a-croissance.

Programme des rencontres

dimanche 26 août : Simplicité volontaire, ateliers thématiques

- méthodes de décisions participatives (François Schneider)
- communication non-violente (Claude Le Guérrannic)
- Gandhi et la non-violence (Jean-Paul Alonso)
- Commerce équitable et décroissance (Christian Jacquiau)
- Deep écology et CR des Rencontres Européennes anarchistes (Thiérry Sallantin)
- décroissance et services publics, avec la participation de Bernard Defay du Collectif national pour la défense des services publics (Cathy Jean)
- énergie (Jean-Luc Pasquinet)

lundi 27 août : actions collectives / expérimentations sociales, ateliers thématiques

- actualité du distributisme (Jean-Paul Lambert et Marc Groussain)
- cabanisation et habitats nomades
- circuits de commercialisation (Brigitte Bonnefille)
- marche européenne de la décroissance, Grenoble - Genève en juin 2008 (Didier Laurencin)
- Quelles actions pour le ROCADe ? (François Schneider)

Table ronde : "Quelle stratégie pour la décroissance ?" avec Jean- Paul Besset, Christian Jacquiau, Yves Paccalet (sous réserve), Réginal de Potesta de Waleffe, Henri Rubino ...

Soirée à L’ATELIER à Royère de Vassivière, haut lieu du mouvement alternatif local : Projection du film "Simplicité volontaire et décroissance" de Jean-Claude Decourt, débat en présence du réalisateur .

mardi 28 août : projet politique + fondamentaux des OC, ateliers thématiques

- rédaction de la CHARTE des Objecteurs de croissance (Paul Ariès)
- l’usage et le mésusage (Paul Ariès)

Soirée cinéma à Eymoutiers : "Vivre en ce jardin", un documentaire présenté par son réalisateur, Serge Steyer

mercredi 29 août : situation politique + organisation des OC, ateliers thématiques

- bilan de la campagne avec José Bové et de notre action au sein des CUAL, création d’un nouvel outil politique sur une base altermondialiste et CR des rencontres de Cahors : participation au débat de Lionel Gouesigoux (Christian Sunt)
- organisation du réseau des OC : association ou réseau informel ? (Jean-Marie Robert)
- création d’une fédération européenne des OC (FOC) (Vincent Vaucouloux)
- collectif d’animation des OC 2007/2008

D’autres ateliers peuvent être organisés spontanément par les participant-e-s

Modalités pratiques

- inscription : 10 euros (chèque à l’ordre d’Alternative Diffusion 56)
- hébergement en dortoir : 8 euros par nuit
- hébergement en camping : 2,50 euros par nuit
- restauration individuelle en autogestion ou collective en coopération, mini marché BIO autogéré tous les matins en relation avec les producteurs locaux
- navettes avec la gare d’Eymoutiers (dès le samedi soir)

Vous pouvez dès à présent renvoyer votre inscription avec le chèque de 10 euros à :

Alternative Diffusion 56 6 bis rue de Kerarden 56 860 Séné

Contact : Jean-Marie Robert au 02 97 66 54 93, bleiz56@no-log.org

le lundi 30 juillet 2007
par damien

Pour un athéisme de l’économie

« Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est d’un mouvement pour un athéisme économique, d’une lame de fond d’incroyants », écrit Derek Rasmussen [3]. C’est bien ce que se propose de provoquer le mouvement de la décroissance. Le projet de constitution au Nord comme au Sud de sociétés conviviales autonomes et économes implique plus, à parler rigoureusement, une « a-croissance » - comme on parle d’a-théisme - qu’une dé-croissance. C’est d’ailleurs très précisément de l’abandon d’une foi et d’une religion qu’il s’agit : celle de l’économie. L’entreprise de décolonisation de l’imaginaire permettant de réaliser cet objectif peut être menée dans deux directions principales et complémentaires : la déconstruction de l’universalisme économique et la démystification du développement et de la croissance.

Le « réenchantement » relatif du monde engendré par la science, le progrès et le développement est désormais bien défraîchi. Seulement, la foi dans le progrès et dans l’économie n’est plus un choix de la conscience, mais une drogue à laquelle on est tous accoutumé et à laquelle il est impossible de renoncer volontairement. Le progressisme et l’économisme sont ainsi incorporés dans notre consommation quotidienne, nous les respirons avec l’air pollué du temps, nous les buvons avec l’eau contaminé par les pesticides, nous les mangeons avec la malbouffe, nous nous en revêtons avec les fringues fabriquées dans les bagnes du sud-est asiatique, enfin, ils nous véhiculent dans nos sacro-saintes bagnoles à dérèglement climatique... Seule l’épreuve « pratique » de leur faillite pourra dessiller les yeux des adeptes fascinés ; mais celle-ci étant probable, il n’y a donc pas de raison de perdre espoir.

Faut-il pour autant appeler de ses voeux un retour des dieux ? La construction d’une société laïque de décroissance ne se fera pas sans un certain réenchantement du monde (cf. Besson-Girard, Decrescendo cantabile, Parangon, 2005). Beaucoup inclinent à une forme ou une autre de spiritualité. Mais les poètes, les peintres et les esthètes de tout poil, bref, tous les spécialistes de l’inutile, du gratuit, du rêve, des parts sacrifiées de nous-mêmes devraient suffire à cette tâche, sans nécessairement faire appel aux théologiens ni aux ayatollahs.

S. Latouche.

le jeudi 14 juin 2007
par Serge Latouche

Rencontres des Objecteurs de croissance

Rencontres des Objecteurs de croissance à Royère de Vassivière dans La Creuse du 26 au 29 août 2007 .

- accueil au Villard par l’association « les plateaux limousins » : 05 55 64 70 53 . à 4 Kms de Royère . à 5 Kms du lac de Vassivière . à 10 Kms de Faux la Montagne . à 10 minutes d’Ambiance-Bois

Inscription auprès de Jean-Marie Robert . Bleiz56@no-log.org (nouvelle adresse mel) Ou au 02 97 66 54 93

Responsable du programme : Christian Sunt : 06 71 97 43 65

le vendredi 18 mai 2007
par Jean-marie Robert

Entropia n°2 : décroissance et travail

Pour sortir de l’impasse dans laquelle le « funeste credo de croître » sans limites nous a entraîné, il apparaît évident qu’il faut revisiter l’immémoriale interrogation sur la finalité des activités humaines. Si l’approche économique a pour tâche d’analyser rigoureusement les lignes de fractures et les failles d’inhumanité que révèle le travail aliéné, elle doit s’enrichir par une vision audacieuse et des propositions désirables afin de réorienter notre anthropologie de la vie quotidienne, de retrouver un sens fraternel et un horizon dégagé des absurdités présentes. L’idée de décroissance, au-delà de son caractère bravant l’air du temps, réanime notre lucidité et remet le travail à sa juste place, à côté de l’œuvre et de l’action, pour que chacun puisse, dans un même élan, rechercher son autonomie et son accomplissement. Démarches volontaires et inséparables, certainement, du bouleversement radical de la société dans laquelle nous ne cessons d’apprendre et d’exercer « le métier de vivre ».

- Entropia n° 2
- sortie le 22 mars
- Décroissance et travail
- 224 pages
- ISBN 978-2-84190-165-4
- 15 €

Plus d’informations sur le site des éditions parangon

le lundi 16 avril 2007
par damien

La marche du pas de côté

Bonjour,

J’ai le plaisir de vous annoncer qu’enfin, des dates sont déterminé pour cette marche et si elles sont modifiés d’ici cet été ce ne serra que de 24 heures.

Le départ se fait donc à Anan, tout p’tit bled du comminges à environ 40Km de St Gaudens, 50 de Auch et 70 de Toulouse, le Dimanche 15 juillet 2007. Un mini chantier d’éco-construction aurra lieu à Anan du 13 au 15 juillet. Possibilité de dormir sur place même en arrivant plusieurs jours avant.

L’arrivée se ferra à Lézignan-Corbières, petite ville de l’Aude situé au sud du Minervois, au nord des Corbières, à l’est de Carcassonne et à l’ouest de Narbonne, le 11 août 2007 après 280 Km répartis sur 28 jours. (bien sur il y aura des jours de pause)

Pour plus de renseignements (itinéraire, accès,...), un site est ouvert au sujet de cette marche :

http://marchedupasdecote.over-blog.com

A bientôt, venez nombreux !!!!

le jeudi 12 avril 2007
par Robinne Railway

J’ai un teeshirt mauve

Donc ce beau tee-shirt vous venez de le payer 15 euros, correct. 100 % coton, normal. Made in China, bien sûr.

Savez-vous combien il coûte au propriétaire de la grande surface qui vous le vend, connaissez-vous son prix de revient : 1,5 euros. C’est pas mal comme bénéfice, non ?

Le même tee-shirt produit en France, vous savez combien ça coûte : 4 euros. Ca laisse quand même un petit profit, non ?

C’est donc bien pour la maximisation du profit que le marchand va acheter en chine, et engendre la délocalisation des industries textiles.

C’est donc bien pour la maximisation des dividendes servis aux actionnaires que se joue la mondialisation capitaliste.

Non, je déconne, c’est pour augmenter les salaires des employés des supermarchés !

Bien sur, tout simplement, les marchands pourraient continuer à acheter en France, renonçant à la maximisation de leurs profits au nom de l’intérêt général, faut pas rêver !

Bien sur, les politiques pourraient choisir de voter une loi simple pour défendre nos industries textiles, (paraît que c’est leur but, aux politiciens, depuis longtemps déjà, de réduire le chômaaageee...). Une loi telle que le tee-shirt chinois arrive en France à 4,5 euros... Histoire de réintroduire le coût en CO2 du transport par exemple... L’écologie est à la mode, faut en profiter, ça risque de ne pas durer...

Mais, si ni les politiciens ni les marchand ne changent de comportement, est-ce le fait d’une posture idéologique où à cause d’un intérêt de classe ?

Ce n’est quand même pas une histoire de gros egos aspirant à toujours plus de richesses monétaires, à toujours plus de puissance réelle ou symbolique, une bête histoire d’égoïsmes exacerbés... ?

Si.

Non mais quand même.

le mercredi 11 avril 2007
par Jean NABIR

écouter Radio Panik en continu sur internet !

Tendez une oreille plus loin, sachez entendre le chant des sirènes au cœur de la ville...

Laissez-vous glisser sur les ondes du 105.4 FM

Vous voulez écouter Radio Panik mais vous avez du mal à capter le 105.4 en FM ou vous habitez hors de Bruxelles ?

Grâce à un streaming mis en place avec l’appui de Domaine Public, il est désormais possible d’écouter Radio Panik en continu sur internet !

> Pour écouter le stream de Radio Panik :

C’est très simple. Cliquez ici et suivez les instructions (logiciels ou plugins gratuits, éventuellement à installer, selon l’ordinateur et le navigateur ou le logiciel d’écoute que vous utilisez).

Bonne écoute !

www.radiopanik.org

Consultez la grille horaire ici :

http://www.radiopanik.org/spip/spip...

le vendredi 6 avril 2007
par Caroline

Pour l’Ecomobilité

Il faut donc envisager :

1) des mesures administratives à différents échelons (politiques municipales, départementales, régionales, nationales, voire internationales) en faveur d’un "urbanisme dense et convivial" (espaces verts) et en faveur des transports en commun (le problème est : que seront les villes de demain dans lesquelles vivront nos enfants ? une société de décroissance peut-elle s’envisager dans des mégalopoles ? ...)

2) une recherche-développement en "Ecomobilité" : pensons énergies renouvelables évaluées selon la méthode des "éco-bilans" :
- en milieu urbain, pour les déplacements courts du quotidien, c’est vers le moteur électrique qu’il faut se tourner (électricité d’origine photo-voltaïque)
- et, en milieu rural, les Huiles Végétales Pures semblent les plus adéquates (proximité, circuits courts : voir l’expérimentation actuelle faite par la Communauté des Communes du Villeneuvois et lire l’étude d’Alain Zanardo : Econologie.com Etude sur les biocarburants : les intrants agricoles ) : la ville et sa campagne environnante deviennent interdépendantes et complémentaires sur le plan énergétique et alimentaire.

L’"Ecomobilité", ainsi vue, est une science multidisciplinaire.

Notre Association, "Réseau Ecomobilité", oeuvre pour des déplacements "doux", non polluants et silencieux. Elle souhaite créer un "Mouvement international pour l’Ecomobilité" qui regroupe tous les acteurs concernés (citoyens, collectivités locales et supra-locales, voire internationales, firmes, administrations ...). Enfin, elle souhaite créer une recherche-développement avec conception et réalisation technologique de prototypes d’écomobiles pour la ville ( "Agence de l’Ecomobilité", SARL-SCIC ). Pour cela, elle cherche des personnes, de niveau ingénieur ou technicien supérieur, prêtes à s’y investir.

le samedi 31 mars 2007
par Francis CAZEILS

Inauguration de l’expo Nano à la Cité des Sciences : le groupe Oblomoff gâche (encore) la fête !

A l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Nanotechnologies » à la Cité des Sciences et de l’Industrie, chercheurs, industriels et acteurs politiques se sont réunis lundi 19 et mardi 20 mars pour « débattre » des enjeux et des risques des nanotechnologies. La tribune rectangulaire faisant office de « table ronde » se composait presque entièrement d’apologistes de cette nouvelle vague industrielle imposée et de professionnels de l’acception sociale des nouvelles technologies.

Dans le climat d’attente fiévreuse précédant l’arrivée du ministre délégué à l’Industrie, François Loos, les dernières heures de la séance de conclusion furent ubuesques. « Il ne nous reste plus qu’un quart d’heure pour les libertés individuelles » lance le médiateur au micro, tandis que Philippe Lemoine, de la CNIL, concède que l’étiquetage des produits nano n’est concrètement pas faisable, mais que les consommateurs devraient pouvoir télécharger directement des informations sur les produits grâce à leurs téléphones portables (sic !). Commence ensuite la dernière session, fallacieusement intitulée « débat public » : les invités officiels rendent leurs conclusions sur l’état de l’opinion, les 200 spectateurs ne sont pas autorisés à intervenir. Séance d’autocongratulation et de paternalisme : « nous avons été surpris de voir que le public pouvait avoir des opinions éclairées » note Marc Lipinski, vice-président de la région Ile de France. « Il a fallu laisser de côté les propositions trop radicales consistant à se demander s’il ne fallait pas tout arrêter », note Jean Caune, vice-président de l’Agglomération grenobloise, « d’ailleurs, c’est impossible, puisque les recherches scientifiques et industrielles sont déjà plus que lancées. ». Merci de cette confirmation : c’est la raison pour laquelle les opposants avaient boycotté ces débats citoyens, lancés à Paris et à Grenoble depuis 2005 suite à l’occupation du chantier de Minatec, à Grenoble.

Arrivée du ministre, entrée des journalistes et des vigiles. Chacun ajuste sa cravate - plus de temps pour faire intervenir le public, tant pis. François Loos s’avance à la tribune...et un membre du groupe Oblomoff prononce la déclaration suivante :

« Monsieur le nano-ministre, Mesdames, messieurs leurs sous-fifres,

A l’heure où les méfaits engendrés par la croissance économique sont flagrants, A l’heure où les candidats à la présidentielle rivalisent en génuflexions devant la technoscience, censée pallier un désastre écologique et humain qu’elle n’a jamais cessé d’engendrer,

Après nous avoir fourgué le nucléaire, les pesticides, l’amiante, les ondes électro-magnétiques, les biotechnologies (OGM et consorts), Après avoir organisé autant de débats pseudo-démocratiques qu’il y a de chercheurs-collabos mobilisables, Après avoir tout misé sur la poltronnerie et la malhonnêteté des journalistes pour vanter une camelote à laquelle vous n’entendez rien, si ce n’est le cliquetis de la machine à sous, Après avoir matraqué des manifestants pendant quarante ans, de Malville à Grenoble,

Sachez que nous sommes toujours plus nombreux à refuser la poursuite du Développement économique et de la Recherche, mots d’ordre creux d’un futur sans avenir. Sachez que ce consensus factice, coûteusement entretenu au prix de nos vies, trahit sans équivoque la débandade pitoyable de technocrates désaffectés. Sachez que vous ne représentez rien. »

Au même moment, une large banderole est déployée devant la tribune : « Le futur triomphe, mais nous n’avons pas d’avenir ». Huées, insultes ou interrogations. Beau gâchis en tous cas : les petits-fours auront un goût un peu âcre.

Groupe Oblomoff.

le mardi 27 mars 2007
par Groupe Oblomoff.

Action urgente pour sauver les Indiens de Guyane.

Les décroissants sont conscients de la nécessité de sauvegarder les derniers peuples qui, parce qu’ils échappent encore à la colonisation occidentale, vivent encore hors de l’influence de l’imaginaire développementiste et économiciste. De ce fait, leur existence est essentielle pour nous aider à redécouvrir l’art de mener un mode de vie écologiquement soutenable, aux antipodes de toute soumission aux pseudo "impératifs économiques"...

Ce texte ci dessous de ICRA est retrouvable sur : http://www.icrainternational.org/ur...

le jeudi 15 février 2007
par Thierry Salatin

Décroissance du sport de compétition ! Appel au boycott des Jeux Olympiques de Pékin 2008.

APPEL AU BOYCOTT DES JEUX OLYMPIQUES DE PÉKIN 2008 Non au consensus autour des J. O. ! Non à la contribution française à la tyrannie d’État chinoise !

(PDF, 66.4 ko)

À Moscou, en juillet 2001, le Comité international olympique (CIO) confia à la ville de Pékin l’organisation des Jeux olympiques d’été 2008. Cette décision place ainsi la Chine en position de modèle politique, social, économique et sportif pour toute la planète. Or, le Parti-État chinois, qui liquida dans le sang ses opposants lors des événements de Tien An Men en 1989, continue de bafouer les droits démocratiques élémentaires, multiplie les camps de concentration (“rééducation”, “travail”) et développe une géopolitique d’agressions. La charte olympique y changera-t-elle quelque chose ? L’histoire prouve que le CIO ne respecte pas ses idéaux de “fraternité”, de “paix” et d’“amitié”. Après les Jeux de la croix gammée (Berlin 1936), les Jeux du goulag (Moscou 1980), voici les Jeux du despotisme d’État totalitaire et de l’esclavagisme sportif. Derrière le voile idéologique du “plus grand show sportif de l’histoire”, un véritable projet de mondialisation se dessine. Pékin en sera l’incarnation spécifique, après d’autres villes (Mexico en 1968 ou Los Angeles en 1984) et avant de nouvelles (Londres en 2012, etc.). La “machinerie silencieuse de l’olympisme” voulue par Coubertin doit cesser de nuire :

- Réprimer et détruire. Le gouvernement chinois tente de briser tout ce que la Chine compte de dissidents, d’opposants, d’insoumis, d’intellectuels critiques, de pauvres, d’improductifs et de syndicats libres. La peine de mort s’est officiellement appliquée à 1 770 individus en 2005, et 3 990 y sont condamnés. La Laogai Research Foundation dénombre 4 000 camps de travail. L’organisation de ces J. O. accélère la destruction de nombreux quartiers populaires (hutongs) et sites historiques dans le cadre d’une urbanisation sauvage dirigée contre les populations les plus pauvres (expropriations de terres, etc.). La reconnaissance internationale des Jeux, consacrée par le consensus olympique, donnera un visa d’honorabilité à ces violences.

- Conquérir et coloniser. La Chine, qui a des visées de conquête sur Taïwan, poursuit également une offensive diplomatico-guerrière à l’encontre du Japon et terrorise la région autonome des Ouïghours. La colonisation du Tibet prend une tournure de génocide : assassinats, tortures et avortements forcés se pratiquent en totale impunité. Grâce aux illusions de “paix et d’amitié entre les peuples”, les J. O. ont toujours servi d’écran aux stratégies bellicistes et exterminatrices (Hitler et la Seconde Guerre mondiale, les Soviétiques et l’Afghanistan).

- Doper, surveiller et punir. Avec la course aux médailles, la course aux armements biologiques entre la Chine et le reste du monde est lancée. L’enjeu en est l’hégémonie sur les marchés internationaux. Dans la logique même de la compétition sportive, l’élevage sportif chinois est le prolongement d’un système d’encadrement de la population qui avait déjà cours en RDA, en Roumanie, en URSS et à Cuba. Le dopage, la surveillance et la punition sont érigés en système de contrôle. Les robots anabolisés et transfusés sont lancés à l’assaut des podiums.

- Corrompre et trafiquer. Le CIO, comme toute honorable société, coopte ses membres parmi les hommes d’affaires, les conseillers politiques, les aristocrates, les financiers et les champions reconvertis dans le lobbying. La corruption de certains de ses membres a été révélée par de nombreux scandales. Est-ce d’une multinationale aux fonctionnements occultes, qui défend ses propres intérêts (Mac Donald’s, Coca-Cola, Kodak, Panasonic, etc.), que nous pouvons attendre une démocratisation de la Chine ? La signification des J.O., bien loin des rêves de “fête”, réside dans une stratégie de croissance du marché et de l’affairisme. Et la manoeuvre diplomatique du CIO consiste bien, à l’occasion des J. O. 2008, à soutenir un régime totalitaire esclavagiste.

- Abrutir et gaspiller. Le matraquage médiatique du spectacle olympique participe d’un monde où la liberté disparaît. Camp de travail forcé rime avec camp d’entraînement. Cinq milliards d’euros sont actuellement dépensés pour imposer des “réjouissances” de quinze jours dans un pays où la population opprimée manque de tout. Le gaspillage de la fête olympique est une insulte à la misère du monde. Comment pouvons-nous tolérer que le milieu sportif, doté de fortunes colossales, donne une leçon de solidarité aux milliards d’individus vivant avec moins d’1 euro par jour ? Pour l’ensemble de ces raisons, nous appelons les associations de défense des droits de l’homme, les organisations humanitaires, politiques et syndicales, les travailleurs, le monde sportif et l’ensemble des citoyens à se prononcer pour le boycott de cette compétition et de l’ensemble des manifestations liées à son organisation.

BOYCOTT DES JEUX OLYMPIQUES DE PÉKIN !

L’appel est lancé par le Collectif pour le boycott des J. O. de Pékin soutenu par :

- Collectifs anti J. O.
- GrouCHOS (Groupe contre l’horreur olympique et sportive)
- Offensive libertaire et sociale
- Association Discordances (Bordeaux)
- FSE (Caen)
- Revue L’Émancipation
- Revue Illusio
- Revue Mortibus

Nous appelons à :

- signer la pétition, la diffuser et la retourner à CAJO - COBOP BP 33 60420 Tricot.
- former des comités de boycott locaux.
- organiser des débats autour du mot d’ordre de boycott des J. O. de Pékin.

Envisager d’autres actions de dénonciation de ces Jeux.

le lundi 12 février 2007
par CAJO

Misère...

À l’heure ou le prix goncourt s’étend encore sur les camps d’hier, quand s’interessera-t-on aux camps d’aujourd’hui ?

Si l’horreur est hier, alors aujourd’hui c’est bien ? ou bien...

854 millions d’affamés dans un monde plus riche, selon le dernier rapport de la FAO !

C’est la UNE d’un journal du soir, trois colonnes, un dessin et la suite, quelques lignes, en page 15 !

Et puis, et puis la vie continue.... Le reste du journal comme d’habitude : l’insécurité, les affaires, les élections, les profits des multinationales mondialisées, les sports, les spectacles, la télé... Roulez jeunesse, circulez, consommez braves gens, y a des spécialistes pour ce genre de choses, faites leur confiance, « vote and forget ! », et que vive la démocratie ! Puisque on vous dit qu’il y a pas mieux, pas possible de faire autrement etc, etc.

En fait, à quelques centaines de kilomètres, au bout de la route et du bitume, il y a des gens dans des bidonvilles, dans la misère, dans la promiscuité, dans la faim, dans la souffrance, dans des camps de réfugiés, mais c’est pas la solution finale, n’ayez pas peur, on vous l’aurait dit ! C’est quand même insupportable, toute cette violence au quotidien, sans grand espoir d’en sortir, pour des millions d’humains. Mais bon, faut pas trop en parler, sinon ça dérange nos digestions et notre intérêt pour le foot, les sitcoms, la télé réalité, la politique spectacle et tout le bla-bla-bla de la communication merdiatique...

Sans compter que l’insécurité à nos portes, dans nos rues, à cause de tous ces étrangers, c’est bien plus important que les enfants qui meurent de faim dans cette misère organiséeeee.

Plus sérieusement, juridiquement et en réalité, il y a deux options :

Soit notre mode de vie est sans aucun rapport avec les misères des pays dits en voie de développement et alors, juridiquement, au minimum, il y a no