L’éolien industriel : un cheval de Troie dans le camp des écologistes
Le développement à un rythme accéléré des implantations éoliennes, stimulé par des montages financiers très lucratifs, s’apparente à une véritable ruée vers l’or, qui se fait, comme partout dans le monde, au détriment des espaces naturels et de la biodiversité. Après le rapport du GIEC , le protocole de Kyoto, et surtout après quelques années de matraquage publicitaire intensif, les industriels de l’énergie ont réussi une métamorphose complète. Les problèmes écologiques environnementaux liés au développement industriel, ont été transformés (...)
Los Amigos de Ludd. Bulletin d’information anti-industriel.
« Dans notre société divisée, peuplée d’esclaves modernes qui ont perdu jusqu’à la capacité de se réunir, n’importe quelle nouveauté technique est accueillie comme un don des dieux, alors qu’elle ne fait que renforcer leur isolement ; à ceux qui s’efforcent de rendre leur isolement malgré tout supportable, elle n’offre que la compagnie d’équipement techniques toujours plus perfectionnés. » Les Amis de Ludd
Voici un volume fort intéressant qui rassemble de nombreux articles de la revue espagnole Los Amigos de (...)
Le 30 janvier dernier à la Défense, alors que Microsoft fêtait la sortie de la dernière version de Windows avec un spectacle pyrotechnique, le petit monde du logiciel libre français se retrouvait à l’occasion du Salon Linux 2007. Un évènement annuel où cohabitent tant bien que mal informaticiens et hommes d’affaires.
Car derrière le mythe et les incompréhensions, les logiciels libres (ou « Open Source ») sont devenus un enjeu économique énorme. La question n’est plus de savoir si les logiciels Open Source vont détrôner (...)
L’honneur, le nobel, peut-être un moyen pour faire accomplir au scientifique non pas ce qu’il est éthique de faire, mais ce dont la science a besoin ( dans la mesure où elle est au service de l’extension et de la conservation du technotope fort à culture capitaliste.) c’est ce que nous montre Jean Pierre Berlan en retraçant la voie de Fritz Haber.
Le futur triomphe, mais nous n’avons plus d’avenir.
Plate-forme critique de la recherche scientifique .
Le modèle de la science conserve aujourd’hui une grande force, image d’universalité et de puissance dans un contexte de dérèglement climatique et de délabrement social globalisé. Au milieu de tous ces progrès dans l’absurdité de la vie, de la brutalité croissante des sociétés, la Recherche est bien le seul domaine qui donne l’image rassurante d’une continuité avec les époques antérieures. Un domaine qui semble à peu près à l’abri de la mesquinerie des rapports marchands. Un domaine où, quand tout s’écroule par ailleurs, ça (...)
La raison malmenée. De l’origine des idées reçues en biologie moderne.
La critique de la société capitaliste et industrielle doit s’attaquer à l’idéologie qui soutient et sous-tend une telle organisation (anti-)sociale.
Après l’effondrement successif de toutes les idéologies politiques à la fin du XXe siècle, il ne reste plus aux partis qui se disputent la gestion de cette société que le noyau idéologique autrefois dissimulé sous une gangue rhétorique : tous sont pénétrés du plus grand respect envers la techno-science et la technologie, tous sont absolument progressistes et (...)
« Ce que la science ne sait pas », par Michel Henry.
Voici un texte fameux (paru en 1989 dans le magazine La Recherche), d’un des plus grands philosophes du XXème siècle, Michel Henry. Fondateur d’une phénoménologie matérielle post-husserlienne et post-heideggérienne, cet auteur a certainement argumenté la plus forte et la plus sérieuse critique de toute l’histoire portée à la science et à la réalisation de cette dernière dans la technique moderne (cf. La Barbarie paru en 1987). M. Henry reprend dans le texte qui suit, l’essentiel des résultats de la démonstration qu’il (...)
Le fascisme applaudi au Collège de France. Éloge de M. J-P. Changeux.
Ce 27 novembre 2006 avait lieu au Collège de France une cérémonie solennelle célébrant Jean-Pierre Changeux, « philosophe » et spécialiste des neurosciences. S’enchaînaient des interventions, des films-souvenir à la gloire de cet acharné du réductionnisme, des OGM et du fichage génétique, aujourd’hui promu professeur émérite. A la pause-café, au milieu de ce gala mondain, et avec l’accord ingénu de l’organisateur, d’ « anciens élèves » de Jean-Pierre Changeux ont pris la parole.
Cet « éloge » acide a fait valoir le (...)
« Gentille science et vilaines applications », par Pierre Thuillier.
Ci-dessous un texte de Pierre Thuillier qui date de 1979. Il semble une bonne illustration de la critique du mythe de la « science pure » dénoncé par la plate-forme critique de la recherche scientifique.
Récemment, à la demande de la commission des Communautés Européennes, une enquête a été effectuée afin de déterminer « les attitudes du public européen face au développement scientifique et technique ». Les résultats sont bien intéressants. Et en particulier ceux qui concernent « la distinction entre la science et (...)
« La mégamachine et la destruction du lien social », par Serge Latouche.
J’ai coutume de dire que nous sommes embarqués sur un bolide qui fonce à toute allure, mais qui a perdu son chauffeur. Cet engin me paraît condamné à se fracasser sur un obstacle ou à disparaître dans un précipice, à un moment ou un autre de sa course folle. Cette situation n’est pas due à la technique seulement, ni au système technicien au sens étroit du terme, aussi je me propose d’élargir le sujet qui m’était proposé à la fois du côté de la cause et du côté des effets : du côté de la cause en glissant de la technique à la (...)
Voici un texte qu’a écrit Bertrand Louart sur le projet ITER, l’article est intitulé, « ITER ou la fabrique d’Absolu » :
On peut consulter le site de Bertrand Louart, où l’on peut télécharger gratuitement l’excellente revue Notes et Morceaux Choisis, Bulletin de critique des sciences, des technologies et de la société industrielle. Le numéro 7 qui comprend des articles de Julien Mattern et Matthieu Amiech (les auteurs de Le Cauchemar de Don Quichotte, Climats, 2003, qui critiquait les perspectives (...)
Günther Anders est de retour ! Sa pensée foisonnante irrigue maintenant de nombreuses réflexions, de Jean-Pierre Dupuy en passant par Jean-Claude Michéa . Une nouvelle traduction vient de paraître cette année, la Menace Nucléaire, qui fait déjà grand bruit. Voici un très bel article de Fabrice Hadjaj paru dans Artpress (juillet-aôut 2006), qui met en perspective certains éléments de la pensée d’Anders, pour mieux ouvrir à sa lecture.
Le 5 juillet 1946, une danseuse du Casino de Paris, prénommée Micheline, présente le « plus (...)
Au sujet de « Plus jamais seul » de Miguel Benasayag et Angélique Del Rey, sous-titré : « le phénomène du portable ». Edition Bayard, 2006, 107 pages, format poche, 11€90, ce qui après lecture paraît un peu cher.
Mise en garde : Attention, les concepts et la lecture que je met en place ne sont pas ceux des auteurs. J’effectue un rendu thématique et emploie des concepts d’autres philosophes pour essayer de ne pas faire trop long. Je n’ai pas su distinguer l’apport de Angélique Del Rey de celui de Miguel (...)
Aux USA
Après la Seconde Guerre Mondiale, la “guerre froide” commence entre les États-Unis et l’URSS et avec elle la course aux armement nucléaires qui promettent des holocaustes à l’échelle planétaire. Des scientifiques, et notamment les physiciens impliqués dans le Manhattan Project (la construction des bombes atomiques américaines) commencent donc à s’inquiéter pour la survie de l’humanité - un peu tard, alors que Léo Szilard avait tenté de les avertir et que Joseph Rotblat avait été le seul à abandonner (...)
Ce texte écrit en 2006 comprend deux parties :
1 ) Peut-on rénover la modernité technicienne ?
2 ) Les apories de la télédémocratie.
« Ce qui est ici en question est la critique du projet technicien qui caractèrise la société industrielle. J’entends par là la volonté de remplacer le tissu social, les liens de solidarité qui constituent la trame d’une société, par une fabrication ; le projet inédit de produire les relations des hommes à leurs voisins et à leur monde comme on produit des automobiles ou des fibres (...)
« A quoi sert socialement la recherche scientifique ? »
Alexandre Grothendieck
Orienter la recherche c’est orienter la société. Le droit à l’autonomie que revendique la Décroissance suppose donc le droit à orienter la Recherche. En quoi donc un moratoire pourrait nous y aider ?
1. Obscurantistes ?
L’idée de suspendre, même de manière provisoire, la recherche scientifique peut sembler saugrenue, voire extrémiste. Nous serons volontiers taxer d’obscurantistes. Pourtant ce n’est qu’après de longues réflexions (...)
Nous connaissons de nombreux exemples où l’outil, par la dépendance qu’il créé, finit par posséder l’homme et façonner son appréhension du monde. On dit alors que ce n’est plus l’homme qui possède l’outil, mais l’outil qui possède l’homme.
Exemple devenu ultra-classique : le téléphone portable qui nous dispense de nous organiser (« On verra bien, on s’appelle s’il y a un problème, on s’appelle de toute façon etc. » ). En réduisant notre faculté à prévoir et à anticiper, il structure notre perception et peut-être même notre (...)
Le progrès est utilisé aujourd’hui comme un impératif de consommation, mais il constitue également un espoir aveugle de résolution de tout problème. Son évolution est présentée comme une continuité historique vers un « mieux » définit à travers les catégories du « bien » propres à l’ethnocentrisme occidental. Pourtant nulle essence ne caractérise le terme de « progrès », l’idée de progrès et ses multiples usages ont une histoire bien spécifique qui relève de l’histoire occidentale des idées et plus largement de l’histoire de la (...)
Le philosophe Hans Jonas a développé une éthique de la vie qui est souvent citée dans la « littérature écologiste d’inquiétude » (Hervé Kempf) et plus largement dans l’ensemble du débat public, pour avoir jeté les bases d’un principe de précaution en recourant à une heuristique (c’est-à-dire, qui sert à la découverte) de la peur. Le constat est celui de l’âge où la science est marquée par un pouvoir qui paraît sans limite, et qui s’avère effrayant même pour son détenteur, l’homme, dans la mesure où les morales traditionnelles ne lui (...)
Dans les débats autour de la décroissance, on parle souvent d’autonomie comme horizon souhaitable concernant la personne. L’hétéronomie, au contraire, est propre à la société industrielle et à son inertie. L’action hétéronome est déterminée par des nécessités extérieures à la volonté de son auteur. A l’inverse, l’action autonome est une action qui est à elle-même sa propre fin, et elle est appréciée comme telle par son auteur qui peut en décider. On parle alors d’épanouissement de la personne, pour signifier qu’elle se reconnaît (...)
Les « luddites », d’après Ned Ludd, nom d’un briseur de machines britannique probablement légendaire du XIX siècle, ont leurs héritiers proclamés en Espagne. Les Amis de Ludd - Los Amigos de Ludd - publient un Bulletin d’information anti-industriel trimestriel dont les quatre premiers numéros ont été traduits de l’espagnol en français. Extrait du premier numéro de décembre 2001.
1. L’ensemble des termes et des catégories qui aujourd’hui définissent la vie des sociétés au sein de la civilisation technologique (...)
LES ASSASSINS SONT PARMI NOUS.
Si l’on vous demande où se trouvent les armes nucléaires françaises, que répondrez-vous ? Au plateau d’Albion, dans les sous-marins de l’île Longue, sous les ailes des avions mirage. Et si l’on vous demande où se trouvent les armes biologiques françaises ? Elles n’existent pas, penserez-vous. Vous en êtes certains ? Elles sont peut-être quelque part entre Lyon et Grenoble Elles sont manipulées par des ingénieurs, des chercheurs, des techniciens qui habitent peut-être près de chez vous, (...)
Je voudrais montrer ici en quoi la pensée de Marx est utile pour comprendre le regard que porte Ellul sur le système technicien. Il est aisé de rejeter Marx à partir de Ellul, et inversement de rejeter Ellul à partir de Marx. Mais cela ne serait à mon avis pas très constructif, tant il est évident pour beaucoup que capitalisme et esprit technicien ont partie liée, et qu’il paraît difficile d’ignorer ces deux auteurs dès lors que l’on veut penser conjointement ces deux phénomènes.
Ellul était un spécialiste de Marx qu’il (...)
L’informatique « sauverait » - elle notre économie consumériste de marché d’une crise de débouchés ? A en croire sa capacité à intégrer des ensembles techniques de plus en plus étendus, faits de travailleurs et de machines, il semble bien que ce soit le cas.
Les postes de travail informatisés permettent de formaliser toujours plus des activités de plus en plus abstraites et stressantes, pour les travailleurs des multinationales et de leurs sous-traitants. Les échanges électroniques de données permettent d’optimiser (...)
Les accidents technologiques et industriels se sont multipliés : Feyzin en 1966 (Lyon), Seveso en 1976 (Italie), Bhopal en 1985 (Inde), Tchernobyl en 1986, AZF à Toulouse, SBN récemment à Béziers le 27 juin 2005. Paul Virilio est un philosophe français pour qui l’accident est la face cachée du progrès scientifique et technique. Ses analyses nous entrainent à penser la technique dans son unité concrète et vivante, c’est-à-dire dans sa positivité et... négativité.
Déjà Paul Valéry a énoncé une phrase qui est pour notre auteur une (...)
Le Progrès est une divinité ou une idole objet d’une religion avec son dogme, sa doctrine, son culte, ses sacrifices et ses victimes, ses apôtres et ses hymnes. Citons : « La religion du progrès » d’Edgar Morin dans Le Monde du 23/08/97 ; " Tous ont entonné les chants nauséabonds en l’honneur du Dieu progrès, le fils aîné du Travail ". Le Droit à la paresse de Paul Lafarge : " La théorie du progrès a été reçue comme un dogme à l’époque où la bourgeoisie était la classe conquérante " ou encore Les illusions du progrès de Georges (...)
A l’emprise publicitaire et marketing sur les consommateurs, correspond l’emprise de l’informatique sur les travailleurs.
(Suite de l’article « Relocaliser l’économie, désinformatiser le travail »)
Combien d’entre nous se sentent piégés par l’obligation de participer, en échange d’un revenu, à ces gigantesques organisations de travail que sont les multinationales et leur réseau de sous-traitants, mais aussi les administrations publiques, et dont nous désapprouvons les effets ? Je voudrais montrer ici (...)