
On connaissait les problèmes des rejets de CO2 anthropique dans l’atmosphère mais son impact sur l’océan est, lui, moins connu, sans être tout aussi dévastateur. En effet il engendre une imparable acidification qui met d’ores et déjà en péril toute l’écologie marine. Les chiffres et données ont été prises dans le n°1054 de Science&Vie.
Effectivement, le CO2 même s’il est non toxique a des effets dévastateurs sur le climat (réchauffement planétaire accéléré, déstabilisation des courants océanique mondiale, modification du niveau marin par la fonte des inlandsis, régression catastrophique des glaciers entraînant le tarissement à long terme des cours d’eau douce, etc.) mais cela ne s’arrête pas là. Il rend les océans plus acides détruisant par là-même toute la chaîne écologique marine. Le mécanisme est assez simple, le CO2 une fois éjecté du pot d’échappement ou des centrales thermiques, et après un petit tour dans l’atmosphère, continue son cycle dans l’océan. Tout simplement parce que le CO2 est très soluble et que l’océan est bien plus vaste que l’atmosphère en nombre de molécules. A tel point que ce dernier compte déjà 37000 milliards de tonnes de carbone contre 800 milliards de tonnes dans l’atmosphère. Une vaste étude internationale a mis en évidence des résultats impressionnants : 48% du CO2 que l’homme à émis depuis l’ère industrielle est à présent dans l’océan, soit 120 milliards de tonnes de carbone. Pire, cette accumulation se poursuit au rythme de 25 millions de tonnes chaque jour ! Et cette masse colossale qui était il y a seulement deux siècles profondément enfouie dans les entrailles de la Terre sous forme de charbon, de pétrole ou de gaz, est en train de modifier profondément la chimie océanique.
Le CO2 joue un rôle très important dans l’eau de mer car il est en équilibre avec les ions carbonate et bicarbonate donnant eux-mêmes une foules d’autres réactions chimiques. De plus, la molécule CO2, à l’instant précis où elle se solubilise dans l’eau, libère des ions H+ (ou proton) selon la réaction suivante.
CO2 + H2O => CO32- + 2H+ le CO32- est appellé ion bicarbonate.
Le problème vient de là. Libérer des ions H+ dans une solution s’appelle l’acidifier. Rappelez vous vos cours de lycée, ce fameux pH (ou potentiel hydrogène) est directement lié à la concentration en ions H+. Plus la concentration en ions H+ est grande, plus la solution est acide. Et les milliards de tonnes de CO2 que nous avons déversées dans l’océan depuis l’ère industrielle ont modifié le pH de celui-ci de 0,1 unité, ce qui représente une augmentation de l’acidité d’environ 10% !! Et ce n’est qu’un début, sachant qu’en 2100 l’océan s’acidifie encore de 0,4 unité pH. Même si l’océan est un peu basique cela ne c’est jamais vu depuis ces dernières 25 millions d’années (et encore plus dans un laps de temps si cours !).
Des chiffres très inquiétants commentés par Laurent Bopp, spécialiste du cycle du carbone. « L’acidification n’est pas un symptôme du réchauffement : elle se passe en amont. [...] Du coup qu’il y ait réchauffement ou pas, elle continuera du moment que nos émissions de CO2 continue ». Ou encore par Peter Brewer « Nous allons certainement hériter d’un océan différent. Il l’est déjà dans une large mesure, sur le plan chimique. Et biologiquement, ce sera probablement aussi le cas » Il ne fait aucun doute que les organismes qui peuplent les océans seront affectés. D’abord parce que les concentrations en nutriments, ainsi que la forme sous laquelle il existe dans le milieu océanique, sont sous la dépendance du pH. Spécialement les organismes calcaires dont les formations sont liées à la concentration en carbonate. De la formation de la coquilles des mollusques bivalves (comme les moules), jusqu’au squelette des échinodermes (comme les oursins ou les étoiles de mer) en passant par la formation des organismes unicellulaires (comme certain phytoplancton, base de la chaîne alimentaire marine). Or la concentration en ions carbonate baisse de moitié pour un doublement carbone atmosphérique (promis d’ici 2050). Des expériences ont montré que les squelettes de ces organismes étaient incomplets dans de telles conditions et les taux de mortalité très augmenté.
On ne sait évidemment pas comment réagiront précisément les êtres vivants aquatiques, si ce n’est mal... Quand à ce qu’il faudrait faire, la réponse est sans échappatoire : réduire drastiquement nos émissions de CO2. Jusqu’à présent, force est de constater que nous n’y sommes pas parvenus. Avec cette nouvelle pièce au dossier, peut-être allons-nous enfin ouvrir le procès de notre déchet publique n°1...
Pourquoi parlez-vous d’acidification des Océans quand on sait que leur Ph actuel est situé entre 7.8 et 8.2 !
Il serait plus correct de parler dans un premier temps de neutralisation !
Ensuite, aucune étude sérieuse n’a pour l’instant démontré une quelconque variabilité du ph des océans du au CO² anthropogénique .
Vous êtes des gens dangereux...
bonjour,
je doit actuellement faire un exposé sur l’acidification des océans. Je voulais savoir si vous pouviez m’aider grace a vos tpe. Merci
Ce post me touche en plein coeur car je suis océanographe et j’ai plus précisément fait ma thèse sur les récifs coralliens.
Je vais donc me faire un plaisir et un devoir de compléter cet excellent tableau général pour ce que je sais des récifs coralliens.
Leur disparition a commencé à etre observée en 1979. C’est eux qui sont les précurseurs écologiques du réchauffement global. Depuis ils ont perdu 11% de leurs effectifs à la date de 1998 (année El nino et la plus chaude du XX siecle et de l’épisode de rechauffement à grande echelle de l’ocean indien).
Depuis j’ai perdu contact avec le milieu scientifique mais je crois qu’on en est à 20% de pertes.
Ce que je sais c’est que la totalité des récifs aura disparu entre 2015 et 2020 du fait du réchauffement de l’ocean.
On ne sait pas vraiment quel effet ont les recifs sur le cycle du carbone. Ce qui est sur c’est que des flux de matière (y compris C) gigantesques passent normalement à travers eux. Ils sont les équivalents marins des forets tropicales à tous points de vue.
L’acidité océanique va bien sur s’ajouter au rechauffement. Les côtes tropicales (voire des iles entieres) seront devastées par les houles lorsque les barrieres coraliennes seront anéanties. Là aussi on s’achemine vers un effet de type bombe au carbone du fait de la méthanisation des terres submergées.
L’effet réel est encore inconnu mais on peut s’attendre à un effondrement massif de la biodiversité mondiale à ce moment là.
La Compagnie pour l’ Information Atlantiste a d’ailleurs un service sur ce thème si j’en crois certaines sources papier des chewing gum.
Pour ce qui est dessolutions ben oui, c’est topujouresles memes : on arrete tout et on plante 12 arbres (fruitier sipossible) par etre humain sur des terres qui ont été conquises sur la foret (champs pour l’agriculture ou pres pour le pacage desruminants).
Tout est détaillé sur mon blog dans "retour au paradis"