
L’APRES-DEVELOPPEMENT.
Serge Latouche, Survivre au développement . Social, humain, local, durable... Le développement a récemment revêtu des " habits neufs " qui satisfont les critères des organisations internationales telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Mais la logique économique est restée la même, et le modèle de développement conforme à l’orthodoxie néolibérale. Or le développementisme repose sur des croyances eschatologiques en une prospérité matérielle possible pour tous - que l’on sait dommageable et insoutenable pour la planète. Il faut donc remettre en cause les notions de croissance, de pauvreté, de besoins fondamentaux, et déconstruire notre imaginaire économique, ce qui affecte l’occidentalisation et la mondialisation. Certes, il ne s’agit pas de proposer un impossible retour en arrière, mais de penser les formes d’une alternative au développement : notamment la décroissance conviviale et le localisme.
L’article de S. Latouche « Et la décroissance sauvera le sud... » paru dans Le Monde Diplomatique de novembre 2004.
The Post-Development Reader . Most scholars and practitioners are now agreed that the world is on the threshold of a completely new era in the history of development. This Reader brings together in a powerfully diverse, but ultimately coherent, statement some of the very best thinking on the subject by scholars and activists from both North and South. They provide a devastating critique of what the mainstream paradigm has in practice done to the peoples of the world and to their richly diverse and sustainable ways of living. They also present some of the essential ideas out of which the victims of development are now constructing new, humane, culturally and ecologically respectful modes of development. « A monument to the vigour of commonsense in resisting the belief that progress can be likened to a law of nature. This book is a primer for reflection on the fertile potential of the loss of 20th century certainties. » - Ivan Illich
Quand la misère chasse la pauvreté, par Majid Rahnema. Fayard/Actes Sud. « La propagation généralisée de la misère et de l’indigence est un scandale social évidemment inadmissible, surtout dans des sociétés parfaitement à même de l’éviter, constate Majid Rahnema. Et la révolte viscérale qu’elle suscite en chacun de nous est tout à fait compréhensible et justifiée. Mais ce n’est pas en augmentant la puissance de la machine à créer des biens et des produits matériels que ce scandale prendra fin, car la machine mise en action à cet effet est la même qui fabrique systématiquement la misère. Il s’agit aujourd’hui de chercher à comprendre les raisons multiples et profondes du scandale. C’est cette recherche qui m’amène aujourd’hui à montrer combien une transformation radicale de nos modes de vie, notamment une réinvention de la pauvreté choisie, est désormais devenue la condition sine qua non de toute lutte sérieuse contre les nouvelles formes de production de la misère. » Diplomate et ancien ministre, Majid Rahnema a représenté l’Iran à l’ONU. Après avoir été membre du Conseil exécutif de l’Unesco et représentant résident des Nations unies au Mali, il se consacre, depuis plus de vingt ans, aux problèmes de la pauvreté. Il enseigne à l’université de Claremont en Californie. Il est l’auteur de The Post-Development Reader (avec Victoria Bawtree, éditions Zed Books).
Gilbert Rist, Le Développement : histoire d’une croyance occidentale . On a pu y croire tout en déplorant sans cesse ses échecs. Le “développement” a fasciné les sociétés du Nord et du Sud. Cette époque est terminée. Mais on fait encore comme si la croissance allait créer des emplois, comme si les dettes internationales devaient être remboursées, comme si la mondialisation pouvait procurer l’opulence collective. Mais d’où vient cette croyance ? Pourquoi a-t-on mis tant d’ardeur à la proclamer et à la réaliser ? Quelle fut la cause et quel sera l’avenir de cette illusion ? En remontant le cours de l’histoire, cet ouvrage fait le point sur les théories et les stratégies qui ont prétendu transformer le monde. Pendant cinq décennies, ce grand récit a fait croire à l’avènement du bien-être pour tous ; or il débouche aujourd’hui sur la misère et le chômage, au Nord comme au Sud. Comment expliquer ce grand retournement ? On peut également lire en ligne l’article de Gilbert Rist « L’invention du développement » paru dans L’écologiste n°6.
François Partant, La Fin du Développement . Utopie provocatrice ? Ce livre alerte et parfois ironique analyse l’optimisme du "défi mondial" de la technique surtout dans sa formule informatique, lui oppose la vraisemblance d’un chaos mondial en laissant cependant une ouverture alternative issue des marginalités involontaires (comme le tiers monde) ou volontaires comme les minoritaires qui contestent. Radical et lucide, cet essai demeure stimulant. Un chaos social généralisé est, hélas ! l’hypothèse la plus probable. Mais le chaos ne saurait durer éternellement. Tôt ou tard, les sociétés se recomposeront sur de nouvelles bases. De plus, une alternative demeure possible. Si elle ne peut être espérée d’une transformation du système, à l’initiative des forces sociales organisées telles qu’elles le sont aujourd’hui (en partis ou en syndicats) et dans le cadre où elles le sont (celui de l’Etat-nation), elle peut naître de sa décomposition, à la condition que la fraction de la population mondiale marginalisée par l’évolution technico-économique, fraction au demeurant largement majoritaire et, de surcroît, en constante augmentation, parvienne à s’organiser pour la mettre en forme. C’est cette éventualité qui sera étudiée ici. Elle peut paraître utopique. Et elle l’est, en effet. Pourtant, des réactions convergentes permettent un espoir, ténu sans doute, mais un espoir quand même. Il faut s’y accrocher, car c’est en définitive le seul.
François Partant (1926-1987), Que la crise s’aggrave , après avoir été le haut responsable de diverses institutions financières, s’est consacré à l’analyse critique des politiques de développement. A ce titre, il a été l’un des pionniers de ce qui est devenu le mouvement anti-mondialisation. « Quand on est à Rome et que l’on doit se rendre par le train à Turin, si on s’est embarqué par erreur dans la direction de Naples, il ne suffit pas de ralentir la locomotive, de freiner ou même de stopper, il faut descendre et prendre un autre train dans la direction opposée. Pour sauver la planète et assurer un futur acceptable à nos enfants, il ne faut pas seulement modérer les tendances actuelles, il faut carrément sortir du développement et de l’économicisme comme il faut sortir de l’agriculture productiviste qui en est partie intégrante pour en finir avec les vaches folles et les aberrations transgéniques. » - S.Latouche.
Wolfgang Sach’s et Gustavo Esteva, Des Ruines du développement . L’idée de développement a déjà été un monument qui soulevait l’enthousiasme international. Aujourd’hui, l’édifice s’effrite et menace de s’écrouler. Ses ruines immenses surplombent encore et bloquent la sortie. Il devient donc urgent d’enlever les décombres et d’ouvrir un nouvel espace. » « Le 20 janvier 1949, le vent et la neige faisaient rage sur Pennsylvania Avenue - qui va de la Maison Blanche au Capitole - quand, dans son discours inaugural devant le Congrès, le président Truman qualifia la majeure partie du monde de régions sous-développées. Ainsi naquit brusquement ce concept charnière - depuis lors jamais remis en question - qui engloutit l’infinie diversité des modes de vie de l’hémisphère Sud dans une seule et unique catégorie sous-développée. Du même coup et pour la première fois, sur les scènes politiques importantes surgissait une nouvelle conception du monde selon laquelle tous les peuples de la terre doivent suivre la même voie et aspirer à un but unique : le développement. » Deux auteurs dénoncent, chacun à leur manière, quarante-cinq ans de « développementalisme ». Tandis que l’un fouille le concept de développement à la manière des archéologues, l’autre illustre par des exemples concrets les effets dévastateurs de cette soi-disant politique d’" aide " aux pays sous-développés. Le plan de l’ouvrage. Le premier chapitre en ligne de l’ouvrage Les Ruines du développement : une fois sur le site « Portail de l’écologie » dans le bandeau de droite taper « Textes et auteurs ».
Serge Latouche, L’occidentalisation du monde . Au terme d’une histoire multiséculaire complexe, l’Occident s’est transformé en une "machine sociale" non contrôlable, ayant la certitude d’être universelle parce qu’elle est reproductible. Croissance illimitée des marchandises, multiplication des réseaux de communication, urbanisation intensive, changements techniques continuels, éclatement de la famille-souche, émancipation des femmes, Etat-providence, scolarisation forcée, démocratie parlementaire, etc. : le modèle occidental est persuadé d’être le meilleur. Il joue de la fascination qu’il exerce sur les élites et les peuples pour s’exporter au Sud et à l’Est. L’universalisation du modèle se heurte à des résistances et à des obstacles de toutes natures. Son triomphe même engendre des ferments de décomposition qui suscitent des alternatives possibles, que l’auteur tente d’explorer dans ce livre.
Serge Latouche, L’autre Afrique. Entre don et marché . L’Afrique noire, pillée, marginalisée, représente moins de 2% du produit mondial. Aux yeux du monde, elle offre un spectacle de génocides, de conflits ethniques, de luttes tribales, de coups d’ État militaires, de famines et de pandémies comme le sida. Ne serait-elle donc que la face noire de notre destin, le rêve de la modernité devenu cauchemar ? Et si le continent africain était tout autre chose ?
Un nouveau système social s’y trouve en gestation, entre "don et marché". Forcés de trouver des moyens de subsistance, les Africains inventent un monde bien vivant, au-delà de la misère effroyable engendrée par l’idéologie libérale triomphante et la prééminence du concept de marchandise. Ce système révèle notre propre pauvreté et la faillite de notre société qui, par ailleurs, voit une économie de proximité conviviale se réinventer dans ses marges. Observant le don mauritanien, les forgerons soninké, la sorcellerie à Douala ou, encore, l’économie informelle à Dakar, Serge Latouche, professeur d’économie à l’université de Paris-XI et auteur de plusieurs ouvrages, dont La "Mégamachine", rompt avec "l’afropessimisme" et propose une analyse magistrale du don et du marché, ainsi qu’une réflexion sur notre avenir. L’autre Afrique est le laboratoire de la postmodernité, au-delà de l’économie de marché.
Le Colloque Défaire le développement, refaire le monde . L’ère du développement fait suite à celle de la colonisation, tout comme l’ère de la mondialisation prend le relais de celle du développement. L’occidentalisation du monde et l’uniformisation planétaire se renforcent avec l’accumulation sans limite du capital sous la domination toujours accrue des firmes transnationales. La guerre économique et les inégalités ne se déploient plus seulement entre les
peuples mais aussi au sein des espaces nationaux. La destruction de l’environnement est universelle. Il n’y a d’avenir écologique, culturel et politique soutenable et souhaitable qu’au-delà d’une nécessaire décolonisation de l’imaginaire. Il faut sortir non seulement de la mondialisation, mais encore du développement, en secouant le joug de la dictature de l’économie. Les questions soulevées dans ce livre sont nombreuses et essentielles : Quels sont les " habits neufs " du développement ? L’économie criminelle est-elle l’avenir ou la vérité du développement ? Ne sommes-nous pas dans un
processus de développement suicidaire ? Pourquoi ne pas laisser les pauvres tranquilles ? Comment répondre à l’oppression politique du développement ? Comment survivre au développement ? Y a-t-il des alternatives au développement ?...
Helena Norberg-Hodge, Quand le développement crée la pauvreté chez Fayard. Helena Norberg-Hodge a longtemps vécu au Ladakh, à l’ouest de l’Himalaya. Jusqu’à récemment rythmée par de activités agricoles et rites bouddhistes, la vie des Ladakhis s’est vue bouleversée par l’arrivée du « développement ». Un témoignage éclairant sur les ravages du « progrès » venu d’Occident.
Vandana Shiva, La Guerre de l’eau , Parangon. Figure indienne mondialement connue pour sa lutte contre les multinationales, Vandana Shiva, prix Nobel alternatif et phycisienne, lance dans La Guerre de l’eau une alerte contre la privatisation de l’eau, une menace pour la survie des hommes et des cultures partout dans le monde.
Silvia Pérez-Vitoria, Les Paysans sont de retour . On a parlé de la « fin des paysans » mais ils sont toujours là et, aujourd’hui encore, ils représentent la moitié de l’humanité. Les paysans sont de retour revisite l’histoire de la paysannerie, et montre comment elle a su préserver, partout dans le monde, des valeurs de solidarité et d’équilibre écologique, malgré les ravages sociaux et environne-mentaux provoqués par l’industrialisation de l’agriculture. Situés aux avant-postes des grands problèmes que traverse la planète : chômage, environnement, santé, les paysans font des propositions et mettent en place des alternatives.
C’est à eux que Silvia Ferez-Vitoria dédie sa passionnante étude démontrant que le retour des paysans constitue une véritable chance pour nos sociétés. Lire un extrait
Michael Singleton, Critique de l’ethnocentrisme , Ed. Parangon, collection L’après-développement.
Richard Bergeron, L’anti-développement , Paris, L’Harmattan, 1992.
Edouard Goldsmith, Le Défi du XXI siècle , Ed. du Rocher, 1994, réédition 2002.
Emmanuel N’Dione, Dynamique urbaine d’une société en grappe , Dakar, Enda, 1987.
Emmanuel N’Dione, Réinventer le présent , Dakar, Enda-Graf Sahel, 1994.
Emmanuel N’Dione, L’Economie urbaine en Afrique , Paris, Karthala, 1994.
Emmanuel N’Dione, Pauvreté, décentralisation et changement social , Dakar, Enda-Graf, Sahel, 1999.
Guy Nicolas, Don rituel et échange marchand dans une société sahélienne , Paris, Institut d’ethnologie, 1986.
Marc Poncelet, Une Utopie post-tiermondiste , Paris, L’Harmattan, 1994.
François de Ravignan, L’Intendance ne suivra pas , Paris, La Découverte, 1988.
François de Ravignan, La Faim, pourquoi ? , Paris, Syros, 1993.
François de Ravignan, L’Avenir d’un désert : au pays sud-audois , Villelongue d’Aude, Atelier du gué, 1996.
Gilbert Rist, Marie-Dominique Perrot, La Culture, otage du développement . Paris, L’Harmattan, 1994. La culture fut d’abord considérée comme un " obstacle au développement ". Puis, inversement, on critiqua le développement au nom de la diversité culturelle. Aujourd’hui, après avoir alternativement privilégié l’un et l’autre terme, certains croient pouvoir résoudre le dilemme en forgeant les expressions " développement culturel " ou " dimension culturelle du développement ". Et si la culture, mise au service du développement, en était devenue l’otage ? Comment s’organisent ces rapports conflictuels - abstraitement définis - dans les pratiques quotidiennes ? Les auteurs, qui se consacrent depuis longtemps à l’étude des effets culturels du développement, relancent le débat de manière originale, en faisant alterner les apports théoriques et les cas concrets, dans une perspective critique qui tient compte de la complexité sociale.
Gilbert Rist, Majid Rhanema, Gustavo Esteva, Le Nord perdu. Repères pour l’après-développement . Lausanne, Editions d’en bas, 1992.
Gilbert Rist, Fabrizio Sabelli, Il était une fois le développement . Lausanne, Editions d’en bas, 1986.
Michael Singleton, Amateurs de chiens à Dakar , Louvain-la-Neuve/Paris, Academia-Bruylant/ L’Harmattan, 1998.
Zaoual Hassan, Territoires et dynamiques économiques , 1998.
quelqu’un sait-il s’il existe une version française de "the post development reader" ??? merci de me répondre sur huguescroibien@no-log.org
hugues
ps : serge latouche m’avait dit il y a quelques mois que "the development dictionnary" allait paraitre en français sous le titre "dictionnaire des mots toxiques" chez Parangon, mais je ne vois toujours rien venir ici en Belgique... ???
"The development dictionnary" doit toujours paraitre en français sous le titre "dictionnaire des mots toxiques" chez Parangon, mais visiblement ça prend du temps...
Quant à "the post development reader", il est aussi prévu chez Parangon, mais il semble que des problèmes aient été rencontrés dans l’établissement des textes et il n’est pas sûr que la version française voit le jour, ce qui est VRAIMENT dommage.