
Il est beaucoup question de décroissance dans le petit livre de René Riesel paru en juin 2008 aux éditions « L’Encyclopédie des Nuisances », autour des pages 40, et Serge Latouche en prend pour son grade pages 66 à 85. Vincent Cheney n’est pas épargné (p.85) et la revue Entropia est dénoncée à travers les remarques effectivement étranges d’Alexandre Genko dans le n°4. J’apprécie les remarques de René Riesel sur le "citoyennisme" de nombre de "décroissants", comme celles sur l’usage de la peur : la catastrophe écologique, pour obtenir l’obéissance des gens. Au nom des menaces planétaires, on nous fait croire qu’il faudrait se soumettre aux diktats de l’État.
Déjà, au début des années 70 le débat faisait rage au sein des écolos au sujet de "l’éco-fascisme". Nous voyions bien que des écolo-technocrates pourraient se saisir des problèmes écologiques de la biosphère pour imposer des mesures tatillonnes et bureaucratiques. J’étais alors opposé à la candidature de l’agronome René Dumont aux présidentielles, pensant qu’aucune solution ne devrait venir d’en haut, et qu’au contraire il fallait multiplier les expériences d’alternatives à la base, en multipliant les lieux de sécession, lieux d’accueil des déserteurs fuyant la vie urbaine et la société de consommation en tant qu’"objecteurs de conscience", expression que je créais alors à partir de mon expérience de militant lycéen pour l’objection de conscience. Cette stratégie de la multiplication des communautés à la campagne était alors partagée par le mouvement écolo-situationiste "Survivre et Vivre "dont une vingtaine de numéros sont accessibles en ligne... [1]
Nous sommes en tant qu’anarchistes primitivistes profondément attachés à la vie libre, sans aucune organisation coercitive, sans aucune mégamachine sociale de type "État". La catastrophe écologique qui se profile à l’horizon ne sera jamais pour nous un argument pour obéir à "Papa-État" au nom de la peur de la catastrophe. Loin de tout citoyennisme, nous sommes contre "l’Union Sacrée", la discipline masochiste de la restriction et du sacrifice, cette austérité religieuse et contrite prônée par les "décroissants". Nous sommes pour la subversion festive, la débauche orgiaque, le dévergondage des sens, l’apologie des plaisirs... relire Vaneigem... et ... Wilhem Reich.
Nous sommes pour l’indiscipline, l’effronterie et les éclats de rire. Nous sommes pour la destruction ludique et luddiste des usines et de toute cette société "spectaculaire-marchande" : pour la destruction de la société industrielle. Pour que les riches pissent de trouille et soient obligés de se sauver, face à notre colère insurrectionnelle, armée de bric et de broc, en participant partout, sans mots d’ordre, aux coups de main spontanés et jouissifs. Que les incendies éclatent partout !
Il n’ y a rien de respectable dans leur monde criminel qui mène à la Sixième extinction massive des espèces. Soyons déchaînés ! Non aux chaînes de la soumission ! Non à la retenue, la politesse bourgeoise, au formatage de nos comportements lissés et policés. Soyons mal-polis, intrépides, violents, casseurs, fouteurs de merde. Il n’y a rien à respecter dans leur monde ignoblement injuste. Arrêtons de nous frustrer, de nous retenir... Cassons tout ! Sabotage généralisé, et fuite dans nos maquis de la résistance, maquis les plus planqués possibles, au fond des forêts les plus impénétrables, et autres marges sauvages de leur civilisation de merde. Fuir pour mieux revenir inopinément, en les prenant par surprise, en multipliant nos attaques et nos replis stratégiques immédiats. Insaisissables et partout à la fois. À chaque fois, nous entraînerons dans nos maquis des hordes de jeunes fugueurs que guettait la désespérance des cités... À chaque fois, nous créeront de nouvelles communautés hilares et festives, pleines de joyeuses luronnes et gais lurons, pour y vivre le "Grand Soir" tous les matins. Ne rentrons jamais dans le salariat. Insoumission totale. Désertion. Faisons sécession. Fuyons ! Ne perdons pas notre vie à la gagner ! À bas l’argent, à bas la richesse ! À bas tous les rêves de vie bourgeoise ! En finir avec le carriérisme, l’espoir imbécile de l’ascension sociale, du métier qui rapporte... (voir sur www.google.fr le texte : "choisir la résistance, prendre le maquis." et le texte "Rencontre écolo-anar tout juillet en Pologne" paru sur le site de l’En Dehors le mardi 10 juin à 21 H 40)
Ne pas tomber dans le piège du catastrophisme, devenu le dernier argument à la mode pour imposer aux citoyens inquiets et affolés la soumission à l’État, le citoyennisme bon chic bon genre, le "bon geste" écolo quotidien, la "consommation" éthique et équitable en tant que "consomm’acteur", alors qu’il faut carrément cesser de consommer, boycotter tout, ne plus rien acheter dans leur système de merde, car de toute façon, consommer, c’est être sommé d’être con (livre de Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux, éditions Raison d’ agir, 2007).
Le situationiste intrépide René Riesel, un de ces "Enragés" de 18 ans en mai 68, toujours indécrottablement indomptable, vient de publier (juin 2008, éd. Encyclopédie des nuisances) : Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, où il s’acharne à démontrer les pièges de ce catastrophisme qui sert d’alibi pour obtenir l’obéissance des foules, alors qu’il faudrait mener de front « une critique sociale qui serait à la fois anti-étatique et anti-industrielle » (page 9), donc ne rien attendre de l’État ni des boyscouts du milieu associatif face au désastre qui se met en place... Au contraire : être rebelle jusqu’au bout des ongles.
J’ajouterai : ne pas être indomptable juste pour la gloire et la noblesse du geste, tel un héros désespéré, mais être dans l’insoumission absolue pour échapper au désastre, nous donner le maximum de chances de survivre, au lieu d’être dans le fatalisme de Riesel qui évoque « l’écroulement de la société industrielle, AVEC NOUS DESSOUS », ajoutant qu’il n’y a donc pas lieu de supputer ses chances et de spéculer sur un "après"...
On se réunit justement en Pologne en Juillet car on ne veut pas crever dessous ! Ce rassemblement doit nous servir à comploter entre nous pour mettre en place les moyens de survivre en continuant à proclamer notre indéfectible attachement à la liberté propre aux anarchistes.
Nous ne serons jamais des animaux domestiques (cf. René Riesel, Du progrès dans la domestication, EdN 2003) gentiment parqués par l’État dans les cages de la soumission. Nous sommes des animaux sauvages, indomptables. Nous n’irons jamais nous cacher en bon ordre dans les abris anti-atomiques de l’État, en bons citoyens disciplinés, épris d’austérité religieuse et non-violente, (la « retenue » des « décroissants »), obéissants, tétanisés par les discours catastrophistes...
On lira aussi en annexe de ce livre de René Riesel qui contient aussi de bons commentaires sur Mai 68, des écrits de Jaime Semprun, dont on se rappelle son essai de 1997 (L’abîme se repeuple, EdN). Ceux qui on eu la chance de lire la revue de Mandosio Nouvelles de nulle part reconnaitront ces deux textes de Semprun, et faute d’avoir lu cette revue, on se reportera au dernier livre de Jean Marc Mandosio, D’or et de sable, EdN, 2008, qui reprend aussi des articles de Nouvelles de nulle part, et revient longuement sur son livre dénonçant la technophilie naïve des situationistes des années 60 (Mandosio, Dans le chaudron du négatif), en commentant toutes les réactions à son « chaudron ». Comme J. Semprun dans cette annexe, Mandosio évoque aussi l’essayiste états-unien Crosby dans son chapitre « La Mesure de la réalité, ou la Grande Transformation expliquée aux golden boys ». Jean-Marc Mandosio exécute en quelques remarques assassines les auteurs de la revue Tikkun et du manifeste L’insurrection qui vient.
Jaime Semprun dans Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, commente Michel Bounan, Jean-Claude Michéa, le Manifeste contre le travail du Groupe allemand Krisis, manifeste qu’il critique en lien avec une discussion autour des Aventures de la marchandise de Anselm Jappe.
Comme Riesel, Jaime Semprun est conscient « du cours catastrophique de l’histoire présente ». Que faire alors ? : « Quand le bateau coule, il n’est plus temps de discuter savamment sur la théorie de la navigation : il faut apprendre à construire un radeau, même très rudimentaire » (page 124) et Semprun cite le conseil de Riesel à la fin de Remarques sur l’agriculture génétiquement modifiée et la dégradation des espèces : il ne reste plus pour sortir du « monde clos de la vie industrielle » qu’à « partir cultiver son jardin ». Et de fait, Riesel est passé aux actes en Lozère. Semprun ricane au passage des « railleries stéréotypées des progressistes sous-marxistes et des ânes qui semblent craindre par dessus tout "le retour à la traction animale" ». Mais pour Semprun comme pour moi, cette idée de Riesel est un « programme des plus ambitieux, à prendre dans son sens aussi bien littéral que figuré ; y compris en pensant au "jardin d’Épicure". » et de conclure : « qu’un bon manuel de jardinage serait sans doute plus utile pour traverser les cataclysmes qui viennent que des écrits théoriques persistant à spéculer imperturbablement sur le pourquoi et le comment du naufrage de la société industrielle » (p.125).
D’où notre idée de pratiquer le jardinage itinérant sur brûlis dans la propriété de 2 millions d’hectares qu’on nous offre dans le sud de la Guyane française, à la façon des populations aborigènes de la forêt amazonienne, une méthode de permaculture éprouvée depuis 8000 ans dans ce milieu aux sols fragiles. Cette planque, ce maquis, est en quelque sorte notre « radeau » pour échapper au naufrage qui vient. Il y a assez de place pour des dizaines de villages écologiques, pleins de rebelles fuyant l’ordre policier du sarkozysme actuel.
Thierry Sallantin
tsallantin(arobase)hotmail.com
[1] Voir la revue Survivre et vivre parue dans les années 1970 autour de Grothendiek, et qui est totalement en ligne sur le site http://www.grothendieckcircle.org/ Il faut aller dans "Biographicals Texts", puis sur cette page, vers le bas. Tous les numéros sont en français.
René et Jaime,
Je m’appelle Jean-Claude Decourt, je réalise des films pour "colporter" les réflexions autour de la simplicité volontaire et de la décroissance, de mon propre gré (sans que Latouche ou un autre "gourou" (comme vous les appelez) m’en ai intimé ou soufflé l’ordre...).
Au passage rappelons aux médisants et aux mal comprenants que la décroissance n’est pas un parti et qu’au slogan "ni dieu ni maître", nous avons (les potes de Lodève et des environs) ajouté... "ni contremaître".
Je me suis demandé un moment si celà valait le coup d’essayer de dialoguer avec vous, votre gout du sarcasme et de l’insulte permanente illustrant (au-delà d’une méconnaissance de la diversité et du fonctionnement des "décroissants") qu’à la violence de cette civilisation techno-morbide, vous n’avez à opposer qu’ une autre forme de violence.
Si la personnalité de certains décroissants n’incite pas à rêver de lendemains joyeux (d’accord là dessus), votre violence n’y incite guère non plus...
Mais l’ "encyclopédie des nuisances" a le grand mérite de faire vivre la phrase de Cioran : "n’a de convictions qui n’a pas approfondi" ! Alors allons-y, je sens que je vais me faire des amis !
A des bouts de phrases que chacun pourra replacer facilement dans le contexte, j’ai ajouté queques refexions. Ce qui suit n’engage que moi, d’autres "décroissants" auraient certainement vu les choses autrement.
"...négliger ce qui se produit en matière de coercition et d’embrigadement..." Les "décroissants" n’ utilisent pas les mêmes mots, mais ne parlent que de celà : le capitalisme est en nous tous et cette colonisation de l’imaginaire (pour employer la belle expression de Latouche (je faillotte un peu des fois que Latouche devienne président... ) est bien plus difficile à comprendre (quelles sont les racines, les raisons profondes de la réussite du capitalisme) et à changer, que d’invectiver à la casse de banques et d’usines (ce qui nous ferait du bien sur le coup, mais ne changerai rien sur le fond, tout recommencerait).
"...attribuer nos maux au caractère thermo-industriel de cette société est donc confortable..." Simplification outrancière et ridicule. On ne pourra faire l’économie de l’analyse des raisons profondes qui nous ont conduit à l’aliénation généralisée. Au coeur du problème il ya les peurs, la violence, le désir de toute puissance, d’immortalité, de jeunesse éternelle... le besoin de compensations, de hiérarchies, de domination (que ce soit par l’économie, le pognon ou tout autre moyen) On notera la présence de ce dernier besoin aussi bien chez certains décroissants que chez certains "encyclopédistes"... C’est d’ailleurs là dessus que nous nous remuons le plus dans la région où je vis (Lodèvois/Hauts cantons de l’Hérault). Comment chercher ensemble, apprendre à s’écouter vraiment, à se respecter, à vivre avec le coeur, en complémentarité ... ?
"...combler les appétits critiques de niais et de crétins arrivistes, déchets ultimes de l’écologisme et du mouvement associatif..." Vous avez oublié "petite bites", "décérébrés mongoloîdes" et " suppots de l’aristocratie industrielle" Vous semblez vous êtes donner le rôle d’élite des révolutionnaires, maniant une morale et une pureté à trois balles (dans la peau ?) qui nous rappelle de chouettes époques sibériennes... Plus radical que nous tu meurs ? Nous vous laissons la place, la compétition nous fatiguant inutilement. Prenez garde toutefois "camarades" à ne vous découvrir un de ces matins que comme de vulgaires sceptiques mondains désabusés, usant d’un pseudo vocabulaire post-situ assaisonné de bile et d’invective... mais au faît, pourquoi tant de haine ?
"...le souci de faire miroiter une transition en douceur..." Je fais partie de ceux qui pensent que ça va faire mal, mais que celà ne réjouit pas. A la violence du capitalisme (qui éxiste à tous les niveaux de la société, dans toutes les classes) je refuse d’opposer la violence. Vous parlez aussi de "soumission apeurée". Oui j’ai peur de la violence, y compris de la mienne. Elle détruit, elle est morbide comme le système qu’elle engendre. Je cherche les traces de vie et d’amour partout (en vain dans vos écrits...).
Rien de beau, rien de vivant, ne sera bati par la violence.
"...la transition vers la sortie du développement doit donc rester assez vague" Le mouvement informel qui se dessine, propose simplement que nous réféchissions ensemble, en permanence. Nous ne trouverons jamais grâce aux yeux de ceux qui ont décidé par avance, que quoiqu’il arrive, ils seront toujours les seuls dont l’opinion soit recevable ! Si nous proposons un programme nous nous ferons traités par eux de "post-communistes" et si nous disons que nous souhaitons chercher tous ensemble... nous sommes "vagues"... Qu’en penses-tu amie lectrice, ami lecteur ? Notons qu’un peu plus loin il est question de "partition imposée" ! Surgit alors une légère contradiction (ou alors il me faut changer de lunettes), serions-nous (et "nous", c’est qui ?) "vagues" ou bien chercherions-nous à "imposer" ? Faudrait savoir camarades encyclopédistes !...
"...récuré de tout relent révolutionnaire..." Le projet de la décroissance est un projet révolutionnaire, il va bien plus loin que de simples réformes politiques ou écologiques... Il s’agit d’un nouveau paradigme, de changer profondément notre vision du monde. (et non "d’accompagner la catastrophe"... Ouhhh ce qu’il peuvent être méchants !) Le hic, c’est que s’il ne suffiit pas de faire sauter le siège des multinationales, c’est un peu plus compliqué. Etre radicalement contre le système capitaliste c’est d’abord analyser (y compris en nous tous) ce qui le fait fonctionner, voir par où il passe puis, comme en Aîkido, lâcher prise, faire des pas de côté, boycotter, s’auto-organiser, et toujours, toujours, apprendre à vivre ensemble, à maitriser nos égos, à s’enrichir de nos différences... Les "décroissants" et ceux qui cherchent avec eux, inventent au jour le jour une manière de voyager plus qu’un but à atteindre.
"...afin que l’agriculture industrielle ne manque pas d’eau..." Alors là Jaime et René vous déjantez, où avez vous pris, lu ou entendu que les décroissants soutenaient l’agriculture industrielle ? Ne serait-ce pas là même personne qui vous aurait dit que Carla Bruni aimait beaucoup ce que nous faisions ? Peuvent mieux faire !
"...le bonheur semble une idée neuve pour ces gens..." Par ici, et dans pas mal de coin où j’ai eu l’occasion d’aller ces derniers temps, on vit déjà différemment, horizontalement (aux sens organisation et hamac), on crée du lien et moins de biens, c’est pas toujours que du bonheur mais ça avance, et par chez vous comment ça va ? Ceux que j’ai vus et ceux dont j’entends parler "renoncent à la plupart des commodités de la vie industrielle sans douleur" (pour reprendre votre expression légèrement sarcastique). Ils le font, pour la plupart, sans se flageller, enfin débarassés de tout ce qui les empêchait de se connaître, d’être en harmonie avec les autres, la nature... Je suis de ceux-là, vivant bien avec peu, dans un pays que j’aime, entouré d’amis et faisant ce qui me plait avec le minimum pour le faire...
"...on ne s’aventure jamais à se déclarer anti-étatiste..." Nombreux sont les décroissants qui pensent la notion d’état dépassée, le disent, l’écrivent. Le journal "la décroissance" n’est pas l’organe central d’un parti qui n’éxiste pas. Toutefois, là encore, s’il suffisait de crier à bas l’état, j’en serai. Les pénuries à venir vont nous obliger à relocaliser tout, y compris la politique (au sens noble), ce sera l’occasion d’imaginer de nouvelles formes de vivre ensemble ou bien s’installeront de nouveaux pouvoirs accablants qu’ils soient d’origine rose pâle (pléonasme) ou vert/brun.
"... on ne peut qu’ être attéré par l’unification des points de vue, l’absence de toute pensée indépendante..." Amis encyclopédistes, je vous convie à n’importe quelle réunion ou fête (nous venons d’en faire une sympa dans l’Hérault, sans gourou, sans organisation pyramidale, bordélique, colorée, avec force débats mouvementés) votre phrase y aurait fait rire (c’est déja ça).
Il y aurait encore beaucoup à dire, j’avais préparé d’autres réponses, mais c’est l’heure de la sieste. Pourquoi ne pas disputer (à la manière des grecs anciens) autour d’un verre, un de ces jours ? Si vous passez par là, je vous présenterai des "décroissants" indépendants et joyeux, on pourra s’insulter pour de rire, découvrir nos limites respectives, parler d’amour... Amitiés Jean-Claude
À propos de la charge de Riesel et Semprun quelques remarques s’imposent.
Ce n’est pas par ce que certains « décroissants » ne sont pas d’obédience anarchiste qu’ils sont nécessairement soumis à l’État. Car l’État est croissantiste, ne l’oublions pas et l’Etat défend aussi et promeut activement le développement du capitaliste ce qui est clairement incompatible avec la décroissance. De ce point de vue les luttes anarchistes antiindustrielles et décroissantes comme celle de Latouche peuvent se rejoindre. La conjecture et les rapports de force actuelle ne permettent pas la bêtise politique. C’est plus facile sans doute de se battre contre des idées proches que contre les idées dominantes. Encore une fois, la droite doit être morte de rire et confortée dans son cynisme qui cherche à transformer et réduire le rôle de L’État à un rouage dans les relations publiques de l’économie privée. Avec l’aide des médias de la police et de l’armée naturellement.
La position de Reisel est une position d’objecteur de croissance qu’il se l’avoue ou pas, car je ne conçois pas que l’on puisse défendre une critique anti industrielle et défendre en même temps l’augmentation du PIB
Mais ces luttes qu’ objecteurs de croissance de croissance « genre Latouche » ou « genre Reisel » peuvent partager ne sont commune que jusqu’à un certain point. Et c’est là que le débat est sain en permettant de savoir jusque ou justement. Car il ne s’agit pas de renverser L’État pour faire toute la place aux organisations. Les multinationales actuelles ne sont pas une sorte d’institution politique comme l’État ce sont des organisations qui prennent des décisions avec de l’information et qui concours a notre enfermement industriel total. L’État nation a perdu de sa souveraineté avec la globalisation capitaliste.
Le problème avec la position de Riesel c’est que l’État est du côté de la machine et de la non-liberté. Il ne voit pas du tout que l’État comme l’individu est victime du mode de reproduction décisionnelle, opérationnelle, actuel ; c’est à dire d’une tendance qui n’a plus vraiment besoin pour s’imposer et se reproduire du langage symbolique et d’institution politique en somme d’individu libre et d’État.
Je pense en opposition à Reisel qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain et que l’État pourrait être très utile pour dé-industrialiser de manière raisonnée le monde. Par contre puisque l’État est plus faible que les organisations en ce qui a trait a la reproduction de la pratique sociale générale s’en débarrasser sans avoir régler quelque problème urgent de l’humanité actuelle est très risquée. En fait, si par suite de quelques catastrophes, l’État disparaissait sous les coups de libertaires et de libertariens combiné ça ne ferait sans doute que de donner concrètement le pouvoir a Monsantto, Nestlé, Microssoft, Etc . Les compagnies maîtres du monde ce n’est sûrement pas cela que veulent les anarchistes, je pense. Le problème auquel nous devons faire face c’est que la mégamachine peut de plus en plus se passer de la liberté proprement humaine de la liberté du symbolique pour la reproduction d’ensemble du social. La réduction de la société en système, les délires cybernétiques d’un N. Luhmann vont finir par devenir vrais si on laisse tout aller reproduisant le laisser-faire libéral. Un des problèmes c’est que les néotechnologies Mandosienne en raison de leurs opérationnalités informatiques peuvent comme nous l’explique Michel Freitag se substitué à la « régulation normative politique et culturelle de la vie sociale » leur inscription dans la réalité et leurs effets contribue a l’expansion des régulations systémiques au détriment des formes politiques juridiques éthiques et esthétiques de régulation de la pratique sociale. Ces technologies sont de fait des modalités de régulation et de contrôle dont l’emprise s’étend sur la totalité du champ de l’action humaine, tant au niveau individuel que collectif et échappe à l’expérience existentielle de la signification. Mais que ce soi la prolifération des dispositifs de contrôle technologique ou les transformations de l’État et du droit en instance de gestion ces deux exemples nous permettent de constater que les procès sociaux les plus déterminants pour la vie humaine ont comme caractéristique de s’affranchir d’idéaux et de pratiques politiquement réfléchis. L’homme politique ou l’individu actuel qu’il soi anarchiste ou étatiste se heurte à la robustesse et a l’indifférence des procès techniques et opérationnels. Voir Ellul dans L’illusion politique ou Freitag dans sa critique de la postmodernité, car ce qui caractérise en profondeur la tendance du mode actuel de régulation de la pratique sociale : « c’est la dislocation des actes signifiants appartenant aux individus d’un ordre commun synthétique (qui dans la modernité leur conférait un sens) .cet ordre se trouve désormais remplacés par des « systèmes de régulations purement autoréférentiels et automatiques (le marché, les technologies, les médias informatiques) dont le mode d’opération n’est plus mesuré par rien d’autre que par leur propre taux de croissance exponentiel ».
Les objecteurs de croissance doivent lutter ensemble contre les destructions environnementales les injustices sociales et l’aliénation générale. La question de l’État est encore à discuter.
"Jean-Marc Mandosio exécute en quelques remarques assassines les auteurs de la revue Tikkun et du manifeste L’insurrection qui vient."
pourrait-on en savoir plus sur cette éxécution. Il me semblerait très étonnant que "quelques remarques assassinent" suffisent à exécuter et à plus forte raison à réfuter le très important travail fourni par Tiqqun.
Est-ce qu’il s’agit pour une fois d’autre chose que d’un concours de kékette Mandosien ?
merci d’avancepour les précisions que vous apporterez.
Il n’y a pas besoin d’être mandosio pour observer des problèmes dans les théories tiqqounites. Par exemple, dans la théorie de la jeune filles, les personnes sont d’autant sujette à être des marchandises ultimes, qui transmettent la passion pour la marchandise, mais qui en plus ne pourrait pas être détruite... qu’a la base Tiqqun considère les personnes comme des objets. C’est pour ça que leur théorie et leur monde est si noir et entièrement négatif. Les personnes ne peuvent pas changer, elles sont considéré à la base comme des choses.
C’est un peu dommage, c’est tout.