
Le 3 juillet 2005 , la marche pour la décroissance à atteint Magny-cours et a prononcé le discours ci-dessous en compagnie d’Albert Jacquard, José Bové et Serge Latouche.
Ce discours a été rédigé par les marcheurs eux mêmes et prononcé par Aristide

Nous sommes quelques marcheurs pour la décroissance. Cette marche nous a propulsés jusqu’à aujourd’hui.
Nous avons appliqué dans le concret nos idées de décroisssance. Nous avons retrouvé un lien commun. Nous sommes sortis pour beaucoup de l’isolement. Nous avons abondamment échangé et découvert nos limites dans l’effort de nous remettre chaque matin en route.
Nous avons marché sous toutes les chaleurs, avec le soin de désaltérer nos soifs de décroissance et les soifs des trois ânesses qui tendaient comme nous leurs regards vers l’horizon neuf.
Nous avons cueilli les plantes sauvages comme des cadeaux de la terre et nous nous en sommes nourris.
La décroissance c’est un tas de choses qu’on n’a pas l’habitude de vivre et qu’on a mises à plat :
Simplicité volontaire
Frugalité
Bonne humeur
Patience
Adaptabilité
Vaillance
Ingéniosité
Serviabilité
Créativité
Modestie
Écoute
Respect de la différence
On a partagé tout ça et tout ça a fait des petits au fil des kilomètres
La décroissance nous l’avons pratiquée en actes et nous sommes convaincus que chacun de nous, de retour dans son milieu de vie peut faire localement quelque chose dans un esprit de décroissance.
Nous appelons aujourd’hui chaque marcheuse, marche marcheur, chaque cycliste à être contagieux, d’une contagiosité rayonnante et à semer les graines précieuses de la décroissanceà partir de ce qu’il ou elle a récolté en l’accumulant dans sa tête comme dans ses jambes, ici sur la marche.
Et tout simplement, à l’image de François et Jujube, de se faire colporteur de la décroissance, à l’écoute de tous les publics.
Dans la lenteur.
Dans la profondeur.
Dans la saveur.

Les photos proviennent du site 1-D photos. Vous pouvez y retrouver la totalité du reportage
Bien joué, compagnons d’heureuse infortune,
Quel bonheur d’avoir fait ces kilomètres avec vous, bien lentement pour savourer l’instant où d’un coup on ne se sent plus seul. L’avenir reprend d’un coup quelques couleurs. Je crois qu’il s’agissait d’un moment historique, même s’il est resté dans l’ombre du petit écran et donc à l’insu de nos concitoyens.
J’espère pouvoir rencontrer à nouveau la plupart d’entre vous. D’avance toute ma considération à ceux qui échaffauderont les groupes locaux de décroissance.
A tous les marcheurs je témoigne mon plus profond respect. C’était beau, vraiment touchant et réconfortant de voir que l’espoir fait encore marcher les hommes.