
Les urbains et périubains sont en mal de campagne...
Depuis 1998 une forte pression foncière s’exerce sur l’espace rural français et l’année 2004 a vu se confirmer et s’amplifier ce mouvement d’aquisition par des citadins ou des ruraux non agriculteurs, de résidence principale et surtout secondaire : 96 000 « maisons à la campagne » ont été rachetées cette année. Un marché qui reste quasi stable en terme de surface (9% du territoire) mais qui progresse à un rythme de 14% à 20% par an en terme de valeur.
Mais cette année marque un tournant, car apparait nettement une tendance à l’achat de biens de plus en plus éloignés des centres urbains et touristiques. Certains acheteurs se sont reportés sur des biens plus excentrés et moins chers, quitte à augmenter la distance entre le domicile et le travail ou entre la résidence principale et secondaire. Et comme l’explique Antoine de Boismenu, directeur général de la FNSafer (Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural), ces nouvelles pratiques foncières sont le résultat mortifère de « l’amélioration des réseaux routiers, ferroviaires et aériens ».
Assistés dans leur imaginaire par le recours à la qualité de vie qu’offre le monde extra-urbain, les « néo-ruraux de passage » ne voient plus la nécessité de la subversion qui remet sur pied ce qui est tombé sur la tête.
Quand est-ce que nos élus nationaux, locaux et régionaux arrêteront de se masquer la contradiction qui existe à l’interieur même de leurs propres politiques, promouvant d’un côté une « mystique du développement local » à tout prix (B. Charbonneau) - faisant d’eux les principaux promoteurs du réchauffement climatique -, et d’un autre côté se présentant comme tous les parangons de vertu, en défenseur du développement durable ?
source : Article de Martine Picouët dans Le Monde de l’argent " du dimanche 5-lundi 6 juin 2005.
et si la campagne se rempli de ces nouveaux propriétaires, l’économie des villes se déplacera-t’elle à la campagne ?
- les grandes surfaces suivront le consommateur,
- les entreprises s’installeront au plus près de leurs clients et de leurs employés,
le pittoresque et l’attractif remplacera le patrimoine et la tradition : cela se monnayera, se rentabilisera,
la nature sauvage sera cloisonnée, payante et sacralisée, alors qu’elle est à notre portée et nous accompagne depuis toujours
et nos campagne n’existeront peut-être plus comme nous les connaissons aujourd’hui : elles seront les petites sœurs des villes, plus "mignonettes", plus "sage" que leurs aînées. (mais leur finalité sera la même)
on deviendra encore plus aveugle et sourd...