
Quand je suis arrivé sur Aix-en-Provence, le milieu écolo m’a parlé de Cyril di Meo, un élu Vert à la ville, professeur de sciences économiques mais surtout pamphlétaire de la décroissance. Il a un blog sur tout ce qui a trait à la décroissance.
Je l’ai appelé pour qu’on parle de la décroissance car ça me plaît vraiment d’entendre les objections, surtout si elles émanent de gens hautement renseignés (il connaît bien le sujet) et a priori pas du camp opposé (ça reste un écologiste et un anti-capitaliste tout de même). Je vous propose donc des citations extraites de ses différents textes suivis de mes commentaires. Au passage, évitez de commenter à outrance sur son site, il serait regrettable qu’il devienne un défouloir pour décroissants enragés alors que c’est une opportunité plutôt unique d’engager un débat.
« Encore une fois je constate que c’est un refus de l’économie de la rationalité qui détermine ces argumentaires réactionnaires. L’écologie va bien mal si elle croit qu’une conception spiritualiste est le moyen de régénérer l’écologie »
Cette entrevue cordiale ne m’a rien appris de plus que ce je pouvais déduire de son blog. Cyril di Meo considère la décroissance comme dangereuse car elle serait réactionnaire et refuserait la rationalité (sous-entendu mystique). Ce n’est bien sûr pas ainsi que je lis et vois la décroissance. Alors d’où vient le malentendu ?
« La critique de l’économie et de l’échange se fait alors au nom de la défense de l’autochtonie, des identités locales. Ainsi par exemple pour Serge Latouche qui s’inspire d’Heidegger « l’occidentalisation est un déracinement planétaire ». L’occidentalisation qui est équivalente à une « américanisation » correspond à un processus d’uniformisation culturelle « sans racines », un désert, un vide ontologique. Une part de la critique de l’échange par les décroissants, s’inscrit alors dans une valorisation de l’autonomie, de l’autarcie. Avec des relents relativement nauséabonds de préférence locale ou nationale. »
Outre que le nom de Heidegger est bien pratique et candide pour faire une allusion nationale-socialiste, on observe le glissement autonomie=autarcie. A mon sens, ce sont deux mots différents (pour preuve ils s’écrivent différemment !) Se gouverner soi-même ne signifie pas se replier sur soi... Et si la décroissance parle de relocaliser l’économie, ce n’est pas par patriotisme mais par évidence écologique (les transports modernes polluent) et privilégier le lien social de proximité (sympa de discuter avec la marchande). C’est un procédé vieux comme le monde, trouvable dans L’art d’avoir toujours raison de Schopenhauer, que d’exagérer le propos adverse pour le dénoncer. Ici, on exagère « local » pour le transformer en « xénophobe ».
Là où il fait mal, c’est en montrant qu’une revue d’extrême droite fait l’éloge du bio-localisme à l’instar de la revue S !lence. Mais il faudrait s’attarder sur ce qu’est le GRECE pour comprendre que BEAUCOUP de choses séparent la Décroissance et la Nouvelle Droite. Le GRECE est par exemple anti-capitaliste (comme se définit Cyril di Meo « cette critique du capitalisme n’est pas la mienne ») et personne ne va dire qu’il pense comme le GRECE. De plus, le GRECE des années 70 (clairement extrême-droite), n’a pas grand-chose à voir avec celui d’aujourd’hui (sur le forum, on voit des références à Guy Debord !).
Quoiqu’il en soit, le stratagème de notre pamphlétaire est ici de réaliser une vaste chaîne de copinage : « Elements, revue du GRECE qui a une réputation d’extrême droite, a interviewé Peter Berg, proche de Goldsmith, proche de la Décroissance. Conclusion : la décroissance est d’extrême droite ».
La dernière démonstration de l’aspect réactionnaire de la décroissance est la reprise d’un texte de Vincent Cheynet sur le site du parti pour la Décroissance qui se prononçait pour le retour de la sécurité publique suite aux évènements des banlieues. C’est pas convaincant quand on lit le passage incriminé...
« Par ailleurs, nous ne pouvons que constater la totale irresponsabilité de tous les représentants politiques qui appellent à la démission du Ministre de l’intérieur au plus fort de la crise. Le temps viendra de chercher les responsabilités, mais la priorité est aujourd’hui à l’arrêt de violence et à la restauration de la sécurité publique, ce qui ne peut pas se faire en délégitimant l’autorité. »
On peut désapprouver Vincent Cheynet sur bien des points, mais il est loin d’être sarkozyste !
(comprenez c’est une secte)
Parmi les têtes de la Décroissance, je crois que Pierre Rabhi est celui que Cyril di Meo déteste le plus. Il décortique le livre en commun du paysan et de l’animateur Nicolas Hulot : « Graines de possible ».
« Ainsi ils considèrent la Terre comme un être autonome et sacré. Ils posent les bases d’une écologie spiritualiste opposée au matérialisme créé par la modernité ».
Voilà c’est clair ! La Décroissance est spiritualiste, religieuse donc obscurantiste tandis que l’écologiste des Verts est moderne, laïque et démocrate. En discutant avec lui, je peux préciser que son discours est plus nuancé.
Il n’est pas contre la religion. Cependant, il est contre son affichage, sa revendication, sa diffusion... C’est toujours l’ambiguïté avec la tolérance religieuse. Car évidemment, il est incorrect de bouffer du curé pour un vrai moderne qui prône la tolérance et le respect du culte. Mais on sent bien qu’il souhaite la mort de cette absurdité (« croire vaut moins que savoir », « un mythe c’est folklorique, la science c’est la vérité » etc.) en affirmant que la religion doit rester une affaire privée. J’avoue être moi-même pris dans ce dilemme. Je ne peux pas concevoir une religion qui ne cherche pas à partager (donc à s’exporter...) et qui serait juste un truc personnel et utilitaire pour se sentir mieux...
Finalement, je crois que c’est ce qui sépare radicalement un décroissant comme moi d’un anti-décroissant comme di Meo. Lui est « pour l’occidentalisation du monde » (j’ai demandé à ce qu’il me répète cette phrase tant ça me paraissait énorme) car l’Occident c’est la démocratie, la défense des droits des femmes et des homosexuels et « les forces du progrès » auront raison des inégalités du monde. Moi, me rappelant Partant et Ellul, je soutiens que l’Occident, ce n’est malheureusement pas QUE cela. Il faut être à la fois naïf sur l’histoire et convaincu de sa légitimité pour vouloir diffuser un modèle qui est AUSSI répressif, pollueur, individualiste etc...
« Taguieff prefère parler de méliorisme en faisant la différence entre progrès technique et progrès sociaux. Le méliorisme étant le souhait de voir les conditions politiques et sociales s’améliorer. Mais les décroissants suite aux thèses d’Ellul pensent que le progrès est un ensemble homogène (il va jusqu’à dire que la notion d’égalité est une notion technicienne)...et jettent le bébé avec l’eau du bain. Les forces de progrès ce sont donc celles qui ont lutté contre la domination et la servilité oganisée par les systèmes religieux ou économiques...Les forces de progrès ce sont l’ensemble des personnes qui rêvent d’émancipation politique, économique et sociale. »
Pas de souci, moi aussi je rêve d’émancipation politique, économique et sociale. D’ailleurs, je peux faire de belles phrases creuses comme celles-ci... Mais c’est vrai que notre clef de distinction se situe peut-être là. Lui pense qu’on peut corriger (produire plus et polluer moins par exemple) alors que je pense qu’effectivement le progrès est un ensemble homogène (on ne peut pas avoir le dernier Nokia Xvide 8000 Star Pro sans polluer des nappes phréatiques et puiser du coltan...).
Mais j’avoue être fasciné par tant d’assurance, et par tant de connaissances sur des choses qu’il réprouve pourtant. Voilà un contradicteur sérieux et conciliant.
Kidsinhalf
bonjour. La décroissance fait son chemin dans les esprits et ce également au sein de la communauté scientifique (si, si !!). Quelle ne fut pas mon étonnement, lors d’une conférence portant sur le changement climatique à la Cité de l’espace de toulouse, de voir le président de météo France tenir un discours digne de vincent Cheynet nous exhortant à ne pas croire que l’on puisse résoudre l’équation environnementale sans décroître. Et même pis, il nous invita à renouveler notre approche par une citation donnant à peu près cela : "Pour coire à une croissance infinie il faut être un fou ou un économiste"
J’ai eu en de diverse occasion le loisir de constater que ce cas n’est pas isolé. La décroissance a (enfin) fait son entrée dans le monde scientifique. Mais quelque chose me titille... Comment organiser la décroissance ? Qui décidera de ce qui est superflu de ce qui ne l’est pas ? Je prend un exemple pratique. Je connais de nombreux étudiants en science friands de stage en Afrique et je ne suis pas dupe, c’est autant le goût du voyage qu’une nécessaire action technicohumanitaire qui en est la raison. Mais comment faire la part des choses ? Qui aura vocation à se déplacer (espérons que l’on ait encore le droit !) et qui sera assigné à résidence ? D’autant que pour souhaiter travailler à l’étranger il serait idiot et inhumain de ne pas commencer par faire du tourisme (je sais c’est un gros mot), aller à la rencontre des gens, tomber amoureux, flaner au risque de ne pas justifier selon des critères encore bien troubles son déplacement, en somme être irrationnel mais humain.
La décroissance fleurte avec le totalitarisme. Attention au mariage forcé.
Finalement ce qui manque au mouvement de la décroissance c’est du contenu et l’absence de démonstration scientifique. A la question "pourquoi le développement durable est-il incapable de relever le défi environnementale", il faudrait répondre par des objectifs de bilan, créer des modèles etc. Au lieu de ça on se perd en littérature et en référence au passé : aux faux espoirs suscités par les biocarburants, il faut répondre par des écobilans honnêtes de chaque filière. Ainsi peut-être entreverrait-on plus de solutions techniques ? J’en suis convaincu.
Lu dans Respublica n°421 (http://reseaugr.levillage.org/CMS/)
Décroissance : un mouvement en développement mais avec des fréquentations insoutenables
Depuis quelques années, l’idée selon laquelle il faut en finir avec la croissance fait son chemin. L’idée est simple, pour ne pas dire simpliste : nous vivons dans un monde aux ressources limitées, la croissance implique une consommation de ressources toujours plus importante, elle nous amène donc droit dans le mur. Aucune construction théorique, mais un slogan qui, chemin faisant, amène ses auteurs à se positionner au fur à mesure de leur réflexion, réflexion qui essaie de donner au slogan un contenu.
Le microcosme des décroissants peut se diviser en trois tendances : les écologistes de la mouvance anti-pub, l’extrême droite néo-païenne, et ceux qui naviguent entre les deux. En octobre 2005, des Etats généraux de la décroissance équitable ont accouché de la création du Parti Pour La Décroissance (enfin c’est la version officielle, mais les Etats généraux se sont déroulés le 15 octobre 2005 et les statuts du PPLD ont été déposés en préfecture du Rhône le 06 octobre 2005...). A l’initiative de cette opération, on retrouve les rhodaniens Vincent Cheynet, Bruno Clémentin, et Paul Aries, tous trois chevilles ouvrières des « Casseurs de pub » et de la revue La Décroissance. En janvier est paru le n°119 de la revue Eléments intitulé « Le salut par la décroissance ? », revue éditée par le G.R.E.C.E. (Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne), officine de la Nouvelle droite. L’éditorial, rédigé par Alain de Benoist sous le pseudonyme de Robert de Herte, est un plaidoyer en faveur de la décroissance qu’aurait pu écrire n’importe qui milite pour la décroissance. Dans cette mouvance, il faut mentionner Laurent Ozon chef de file du courant écolo de la Nouvelle droite, appelé Nouvelle écologie, et de la revue Le Recours aux Forêts. Il a ouvert en décembre un blog sur le net dans lequel il recycle d’anciens articles et interviews (d’Edward Goldsmith et de Serge Latouche notamment) en omettant de les dater et de citer les sources, pour mieux les replacer dans l’actualité d’une offensive de l’extrême droite sur le sujet. En novembre 2005, Serge Latouche publie son 4ème article dans le Monde Diplomatique (n°620). Ce professeur d’économie est la figure emblématique de la décroissance en France. La lecture chronologique de ses articles dans Le Monde Diplomatique est intéressante car elle illustre la faiblesse conceptuelle de la décroissance, et les errances d’un imaginaire qui navigue à vue, ou plutôt qui cherche en permanence à ne pas glisser sur les planches savonnées dont il jalonne son chemin. Il faut selon lui « reconstruire de nouvelles cultures », entreprendre des « démarches localistes dissidentes », et « décréter un moratoire sur l’innovation technologique ».
Pour rassembler, il est plus facile de se définir en opposition à quelque chose plutôt qu’en positif. D’autant plus lorsque le projet n’a pas de quoi enchanter les foules, loin s’en faut (extrait d’Alternative Economique n°221 de janvier 2004 : « monsieur ou madame ˝ décroissance soutenable ˝ n’a pas de téléviseur et ne regarde donc pas ˝ certains soirs, les émissions intelligentes ˝, il n’a pas non plus d’ordinateur personnel et de voiture, ne prend jamais l’avion et ne pratique pas le tourisme éthique, il n’achète pas de café, de thé ou de chocolat, même issus du commerce équitable et labellisés Max Havelaar, et ne veut pas entendre parler de taxe Tobin ; il ne place pas son argent dans des fonds éthiques... Dur, dur ! »). On s’attendrait à ce que la bête noire de la décroissance soit la croissance. A lire les décroissants, il n’en est rien : l’ennemi, c’est le développement ! Accusé de n’être que le paravent de la croissance, le développement serait l’instrument de ceux qui mènent l’humanité à sa perte. Sans jamais vouloir dépasser ce constat, tout ce qui s’appelle développement est rejeté en bloc, à commencer bien sûr par la notion de développement durable. « La critique aussi récurrente du développement durable a une fonction de cohésion de cet ensemble des décroissants » peut-on lire sur le blog critique d’un élu vert. Parmi les autres thèmes récurrents, on trouve la dénonciation de l’occidentalisation du monde, du déracinement et de l’uniformisation planétaire. Il n’y a qu’un pas, souvent franchi vers la promotion du relativisme culturel. La revendication de « relocalisation » est connexe. Elle paraît évidente du fait de la croissance exponentielle du transport des marchandises associée aux délocalisations des emplois. Mais là encore, le manque de rigueur conduit à idéaliser les cultures traditionnelles, à dénigrer l’universalisme plutôt qu’à critiquer le capitalisme mondialisé. Vincent Cheynet s’interroge : « le terme de sous-développement ne serait-il pas une nouvelle réminiscence raciste de l’Occident considérant une nouvelle fois comme inférieure toute civilisation différente ? ». Serge Latouche est lui plus affirmatif : « ce noyau dur, que tous les développements ont en commun avec cette expérience-là, est lié à des ˝ valeurs ˝ qui sont le progrès, l’universalisme, la maîtrise de la nature, la rationalité quantifiante. Ces valeurs, et tout particulièrement le progrès, ne correspondent pas du tout à des aspirations universelles profondes. Elles sont liées à l’histoire de l’Occident et recueillent peu d’écho dans les autres sociétés », « l’universalisme actuel est un universalisme imposé par un impérialisme culturel occidental et qu’il ne peut mener qu’à un chaos ». Serge Latouche publie régulièrement dans la revue l’Ecologiste, édition française de The Ecologist, qui a comme directeur de publication Edward Goldsmith et comme rédacteur en chef Thierry Jaccaud. Il publie également dans la revue Krisis d’Alain de Benoist (Alain Lipietz aussi !), et dans les revues Silence et La Décroissance des écolos décroissants (il fait parti du comité de soutien de La décroissance). Il n’hésite pas à participer aux colloques de l’extrême droite comme en 1998 (colloque « L’écologie contre le progrès » organisé par Le Recours aux Forêts, avec Laurent Ozon, Edward Goldsmith et Alain de Benoist). Elle le lui rend bien car il est plusieurs fois cité dans l’édito d’Alain de Benoist du dernier numéro d’Eléments. Il est un des animateurs de la Revue du M.AU.S.S. (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales). Alain Caillé, directeur de la revue a dû publier une lettre ouverte à Alain de Benoist « précisant une fois pour toutes que le MAUSS n’a rien à voir avec la Nouvelle Droite », tant les apparences portent à confusion (appréciations flatteuses, convergences idéologiques revendiquées par la Nouvelle droite, référencement dans les liens du site internet des Amis d’Alain de Benoist). Le millionnaire Edward Goldsmith (dit « Teddy ») est le frère de Jimmy Goldsmith, défunt bienfaiteur de Philippe de Villiers. Il est une des passerelles entre la gauche et l’extrême droite. Il est invité régulièrement par le G.R.E.C.E. et fréquente l’extrême droite belge. En 1999 Antoine Waechter (écologiste « ni droite ni gauche ») tente d’imposer Laurent Ozon et Majorie Naisbit (femme d’un des dirigeants du G.R.E.C.E.) dans son équipe de campagne pour les élections Européennes, provoquant l’implosion du mouvement et le départ de Vincent Cheynet et Bruno Clémentin. Thierry Jaccaud fait parti de ceux qui mèneront finalement la campagne.
Rien de vraiment nouveau donc. Alors comment ne pas s’étonner de la prise de conscience tardive par les écolos décroissants de l’absence de cordon sanitaire avec l’extrême droite ? Dans le dernier numéro de La Décroissance (n°30), un dossier intitulé « Gare aux faux amis » dénonce Alain de Benoist, mais aussi un des membres du comité de soutien de la revue : Pierre Rabhi (promoteur de l’agrobiologie, qui appelle à l’« insurrection des consciences », et qui tient des propos sexistes du genre : « à ma connaissance, il n’y a pas une seule femme qui ait inventé une bielle ou un engrenage ! »).
La principale carence des décroissants de gauche, c’est leur absence de ligne stratégique. Il leur est bien difficile d’en définir une, car leur projet, par nature révolutionnaire, ne repose que aucune base sociale. « Ecofascisme ou écodémocratie » se demande enfin Serge Latouche, lui qui pense « que la démocratie ne peut fonctionner qu’à un niveau local ». A se focaliser sur un slogan, à ne définir en priorité que ce à quoi on s’oppose (progrès, universalisme, développement durable, classe politique), on finit par obtenir des alliances de fait dont il devient difficile de se dépêtrer.
Alexis Secondat
Bonjour,
J’essaye de comprendre la nature du conflit entre decroissance.org et decroissance.info !
Pour m’y retrouver, j’ai fait grâce au texte ci-dessus, un premier organigramme des "2 camps" ... avec les partis, les associations, les revues et ceux qui les animent, interviennent, publient, fraternisent... Puis je suis partie faire mon marché d’info sur le Net.
L’Entretien de Laurent Ozon avec Edward Goldsmith m’a interessée (les deux seraient liés à la Nouvelle Droite), notamment la question : "Que pensez-vous du positionnement de l’écologie sur l’échiquier politique ? Certains voient l’écologie à gauche, d’autres voient l’écologie à droite, qu’en pensez-vous ?"
Ma reflexion est que le conflit est stérile, il sème le doute et la peur de l’engagement mais pas les idées neuves. Que peut-on recolter ? Des dérives sectaires ?
Bonjour ! Il n’y a pas de conflit decroissance.info/decroissance.org Car decroissance.info est avant tout une plateforme. On trouve sur le forum des gens qui sont ravi de decroissance.org mais on trouve aussi, ce que l’on ne trouve pas sur decroissance.org c’est à dire des gens qui n’apprécie pas decroissance.org.
C’est tout.
Cependant il y a des approfondissements du sujet ça et là : http://forum.decroissance.info/viewtopic.php ?t=2807 http://forum.decroissance.info/viewtopic.php ?t=2808
Plus généralement ce sont des désaccords généraux et la tendance plus libertaire du site decroissance.info qui posait problème à decroissance.org.
Mais dernièrement les membres de decroissance.org semble moins tapé sur decroissance.info et les libertaires en général (enfin je ne lis pas le journal alors je sais pas trop) et sur decroissance.info on a monté un forum d’autorégulation.
Article interessant. Toutefois, en tant que fervant défenseur de la décroissance - et violent décroissant ^^, je ne me reconnais pas du tout dans la description que vous en faites :
"monsieur ou madame ˝ décroissance soutenable ˝ n’a pas de téléviseur et ne regarde donc pas ˝ certains soirs, les émissions intelligentes ˝, il n’a pas non plus d’ordinateur personnel et de voiture, ne prend jamais l’avion et ne pratique pas le tourisme éthique, il n’achète pas de café, de thé ou de chocolat, même issus du commerce équitable et labellisés Max Havelaar, et ne veut pas entendre parler de taxe Tobin ; il ne place pas son argent dans des fonds éthiques... Dur, dur ! »
La décroissance ce n’est pas vivre au XVIIIème siècle.
Bien au contraire. Toute la philosophie de la décroissance consiste à critiquer le progrès comme il est entendu à l’heure actuel. On va prendre l’exemple d’une machine à laver. Aujourd’hui, on produit des machines à laver dans l’optique que ces dernières "meurent" au bout de cinq ans (cet exemple peut être utilisé pour la majorité des biens de consommations : TV, téléphone portable, lave vaisselle, ordi, frigo etc...) car un crédit dure en moyenne 5 ans... En fait, un décroissant ne demande pas la suppression de la machine à laver ni de la télé, ni de l’ordi, ni de l’avion, ni du frigo mais il veut que la conception de ces objets se fassent différemment. ll y a qq temps, on produisait des frigos tellement robustes qu’ils duraient toute une vie. Voilà ce que veux le décroissant, des objets simples, utiles, garantis à vie, afin que tout le monde puisse en bénéficier et, dans une optique écolo, éviter le gaspillage des ressources. En outre, pour revenir à votre exemple.
Non un décroissant n’a pas la télé, mais il va au ciné, lit la presse et surfe sur internet (sur un ordi qui serait, dans un monde décroissant au niveau occidental, garanti à vie, car le Core2Duo et tout et tout sont largement suffisant et que ses composants seraient conçu pour vivre des dizaines d’années...). Il va au ciné en bus ou en tram (même la campagne - dans un mon de décroissant ;) ). Tous les jours, le décroissant reçoit le panier qui vient directe de l’AMAP d’à-côté, il va faire ses courses dans des centres commerciaux "nouvelles" générations : boulangerie, épiceries, boucherie, poissonneries :D et achète des produits le plus souvent possible locaux et, pour tout ce qui est thé et café, n’a pas besoin de savoir s’il est éthique ou pas, puisque ce sera devenu une norme.
La banque du décroissant est la même que celle de tout les français (peut-être européens :D), puisqu’il s’agit d’une banque nationale, ou il n’y a ni trader, ni livret A, ni fonds éthiques, puisque, vous le savez sûrement, pour enrayer la famine dans les pays pauvres et les aider à se développer, il faudrait seulement (sans guillemets) que chaque occidental (et japonais) donne 7 euros, allez on va arrondir à 10 !
L’habitat du décroissant est soit une maison, soit un appart’, mais, bien sûr, autonome en énergie et en eau. Ses toilettes, dans la maison, sont sèches (WC à litière), et, celles de son appart, utilisent les eaux grises (eau de vaisselle).
Dans le monde du décroissant, il y a un revenu minimal universel et, aussi, un revenu maximal, c’est à dire qu’en France par exemple, le SMIC est à 1500€ et le Salaire Max serait à, par exemple, 8000 €.
L’État occupe enfin toutes les fonctions qui lui sont dû : éducation, santé (d’ailleurs les médecin deviendront fonctionnaires), justice, sécurité sociale forte (grâce à des impôts forts - les assurances maladies et cætera auront disparus, puisque compris dans la sécu...), La Poste sera nationalisé, tout comme la SNCF, etc... Tous ces services sont bien entendu gratuits (même la SNCF et tous les transports en commun ! Les soins ne seront même plus à avancer, l’éducation sera gratuite jusqu’à la toute fin, c’est à dire jusqu’à l’entrée dans la vie active - d’ailleurs un revenu étudiant sera mis en place - d’un montant de 300 à 400 euros- en plus des aides classiques)
L’entreprise ne possède plus de patron, mis un dirigeant élu parmi les salariés. En fait, l’entreprise du monde du décroissant est composé de deux corps : des gestionnaires et des producteurs, qui sont tous deux des salariés de l’entreprises. Les gestionnaires sont les comptables, les secrétaires, etc... alors que les producteurs sont les ouvriers, les employés, etc...
Mais, principalement, dans le monde du décroissant, on ne verra plus de centres commerciaux gigantesques (mais des quartiers, des lieux ou tout est regroupé, comme decrit plus haut : épicerie, boucherie, magasin d’informatique, etc...), il n’y aura plus de pub à-la-mords-moi-le-nœud, mais simplement des pubs indiquant la présence de tel ou tel biens. Les mots écologie et environnement auront disparus, puisque "logique" (plus de pétrole, excepté pour les avions - plus de nucléaire - excepté pour le train et l’alimentation en électricité des voitures, mais seulement des énergies qu’on dit propres : éoliennes, panneaux solaires, etc...)
Voici la politique/philosophie des décroissant. J’espère que vous comprendrez cette philosophie.
Si tel est le cas, vous comprendrez que la confusion "décroissance-fascisme" n’est plus à faire. De plus la décroissance n’est pas, à mon avis, un modèle de société sur le très long terme, mais sur le moyen-terme,. En effet, il me semble que la décroissance c’est juste la volonté de ralentir un peu cette course folle, voire de l’arrêter. De reculer un peu et de prendre une nouvelle voie, plus calme et sereine.
Voilà, j’espère que vous me lirez :D
Wimilo. "Vivre simplement pour que les autres puissent simplement vivre..."
Je tombe sur ce site et me permets un commentaire. Si tu le juges déplacé supprime le. Voici des propos plus précis.
Vincent Cheynet, rédacteur de la Revue Casseurs de pub et apôtre de la décroissance, critique le commerce équitable car il accompagne la « déculturation de la production ». Vincent Cheynet prend alors un exemple : « Quand Michel va en Inde, il est heureux de trouver une culture différente de la sienne, enracinée dans son milieu. L’habillement fait partie intégrante de cette diversité des cultures et cette diversité culturelle fait la richesse de la Terre. Toute la production fait ainsi partie de la culture vivante des peuples. Azimuts, entreprise d’habillement issu du commerce équitable, importe en France des vêtements de style tropicaux. Imaginons la tête du Népalais qui, en arrivant à Paris, se trouve face à des personnes habillées en . . . habitant des tropiques. Gageons qu’il repart aussitôt, déçu. L’idéologie dominante mène au renoncement à sa propre culture. »
La critique de la marchandisation s’inspire alors d’une critique de l’échange et des modifications culturelles qu’elle provoque. On trouve d’ailleurs cette conception défendue par des associations comme Planet Drum Fondation animée par Peter Berg partisan du bio-régionalisme, proche de Edward Goldsmith et Arne Naess. Cette association défend des systèmes économiques fondés sur des « ensembles naturels homogènes ». L’autarcie devient une défense de l’autochtonie qui naturalise les cultures. Cette biologisation ou naturalisation des cultures est flagrante chez Edward Goldsmith lorsqu’il dit : « Les systèmes et processus vivants, à tous les échelons de la hiérarchie gaïenne ont nécessairement une structure spécifique - celle qui est compatible avec l’accomplissement de leurs fonctions homéotéliques. [...] Les caractères essentiels de la communauté humaine sont eux aussi spécifiques. Elle doit se composer de familles étendues et de groupements sociaux intermédiaires qui relient tous les individus entre eux en formant des unités de comportement social cohérentes qui, en fonction de la société à laquelle elles appartiennent, se différencieront par toutes sortes de caractères relativement superficiels, de manière à satisfaire aux exigences de leur milieu spécifique. » Les familles étendues sont présentées comme plus naturelles et adaptées à la nature que les familles nucléaires. La culture est alors assimilée à une contrainte naturelle, un donné biologique. « Toute structure culturelle témoigne aussi d’un ordre spécifique et ses caractéristiques ne peuvent être comprises qu’en décelant les fonctions qu’elles assument. La suppression de coutumes et d’institutions vernaculaires, sous prétexte qu’elles ne répondent pas à nos critères moraux, peut avoir des conséquences fatales pour la culture concernée - tout comme l’ablation d’un organe essentiel peut entraîner la mort de l’individu. » . L’ordre social est alors complètement naturalisé, biologisé.
La vision antitechnique d’Ellul n’est pas très différente. Pour Ellul, l’idée de Raison n’est que la traduction d’une déraison qui veut tout maîtriser, modifier, normaliser. Et ceci se traduit par le développement et la croissance du système économique. Mais plus que cela, ce sont toutes les activités humaines qui sont passées au crible de son analyse. Du rock à l’art contemporain en passant par l’informatique ou la publicité, Ellul essaye de montrer comment toutes les activités humaines ont perdu leur sens en se technicisant. Cette technicisation correspond pour Ellul à une étatisation, une bureaucratisation et une militarisation inéluctable de l’ordre social. Sans nuance, il nous décrit une humanité totalement dépossédée de son être par la Technique. La technologie est alors comparée à du « terrorisme feutré ». La terreur règne grâce à l’acclimatation progressive des individus au divertissement et aux gadgets techniques. Les objectifs d’efficacité et d’uniformisation sont les maîtres mots du système social occidental contemporain. C’est pourquoi selon lui, il faut s’attaquer au système productiviste qui cherche une croissance permanente de l’efficacité et de la production. Il faut refuser le développement qui transforme les structures sociales traditionnelles pour les remplacer par un égoïsme et un individualisme cachés dans les oripeaux du système technique. La technique empêche les interactions symboliques entre les individus. La technique ne supporte pas les « discriminations irrationnelles » et les « structures fondées sur la croyance » . La technique déstructure les sociétés avec son « exigence d’égalité » qui est le produit de l’application illimitée de la technique ». Et il semble le regretter, « toute inégalité, toute discrimination (par exemple raciale), tout particularisme sont condamnés par la technique car celle ci ramène tout à des facteurs commensurables et rationnels ». C’est ce rôle social de la technique qu’Ellul déplore. Il affirme en ce sens : « La technique [...] présuppose un univers à sa propre dimension, et par conséquent ne peut accepter aucune limite préalable. Tout le monde est d’accord pour déclarer que la recherche scientifique doit être libre et indépendante. De même la technique. Si bien que nos modernes zélateurs pour l’abolition de la morale sexuelle, de la structure familiale, du contrôle social, de la hiérarchie des valeurs, etc., ne sont rien d’autre que les porte-parole de l’autonomie technicienne dans son intolérance absolue des limites quelles qu’elles soient : ce sont de parfaits conformistes de l’orthodoxie technicienne implicite. Ils croient combattre pour leur liberté mais en réalité, c’est la liberté de la technique, dont ils ignorent tout, qu’ils servent en aveugles esclaves du pire des destins. » Tel un « processus cancéreux », la technique détruit la société.
C’est cette confusion entre progrès technique et social que je refuse. Car elle revient à refuser les évolutions émancipatrices dans l’ordre social apportées par Les lumières.
Je trouve les propos du livre de Cyril Di Méo "la face cachée de la décroissance", L’Harmattan, 2006, d’une rare stupidité.
On pourrait donc trouver chez certains partisans de la décroissance une part d’ombre ? A l’inverse des partisans du développement, y compris celui dit durable, chez qui tout est lumineux.
Raisonnons par l’absurde : si je démontre qu’existe chez Cyril une part d’ombre, une face cachée, je prouve donc du même coup qu’il n’a rien à reprocher aux tenants de la décroissance...
Or, Cyril a écrit, au début du texte auquel je réponds : "Je tombe sur ce site et me permets un commentaire. Si tu le juges déplacé supprime le. "
Voilà bien son habitude, à Cyril. Tous les commentaires un peu dérangeants sur son blog, il les supprime ! Voilà trouvée l’une de ses faces cachées !
Donc, C.Q.F.D., ayant la sienne, il ne peut pas reprocher à la décroissance d’avoir une part d’ombre, une face cachée.
J’aurais d’ailleurs pu citer chez lui d’autres ombres, son intolérance et sa soif du pouvoir.
Mais si la décroissance est une nouvelle lune, reléguant le "développement durable" au rang de vieille lune, il est dommage que quelqu’un (Cyril) qui se dit Vert passe son temps à batailler contre un concept adopté majoritairement par son parti.
Il aurait mieux à faire car il y a urgence écologique ! Le Kilimandjaro a perdu ses neiges que l’on croyait éternelles. Le réchauffement climatique s’emballe, et au lieu d’agir puisqu’ils ont été désignés par les électeurs pour cela, certains élus Verts comme Cyril perdent leur temps à se battre contre des moulins à vents...
Alain Grognou Vert, signataire de la motion majoritaire :
Les Verts - AG de Reims, motion ponctuelle 17 : Pour une décroissance sélective et équitable : concept à apprivoiser (d’urgence), non à écarter !
La critique anti-productiviste dont les Verts sont porteurs depuis leur origine implique nécessairement la préconisation d’une décroissance ciblée sur des objectifs concrets.
Par exemple :
Décroissance des hauts revenus et profits indécents, issus de l’économie financiarisée ;
de l’exploitation des ressources non renouvelables (stocks) ;
des gaspillages énergétiques, et en particulier de la production électronucléaire ;
de la production et de la vente d’armements, de pesticides, etc. ;
des transports aériens et routiers, du commerce intercontinental.
Cette décroissance sélective, dont les champs d’application devront être déterminés en alliant des critères d’écologie et d’équité sociale (visant la réduction des inégalités tant à l’intérieur des pays qu’entre Nord et Sud), pourrait fournir le mot clé qui parle à l’imaginaire et qui identifie, une bonne fois, l’écologie politique et le parti Vert comme tout autre chose qu’une composante environnementaliste et sociétale « bobo » de la nébuleuse « Gauche ».
En effet ce mot choc, irrécupérable (à l’inverse du développement durable) par les faiseurs de consensus mou, résonne comme un avertissement grave avant le redoutable choc pétrolier structurel et non plus conjoncturel en préparation pour les très prochaines années, et comme un appel à stopper l’insoutenable occidentalisation du monde. Il est cependant politiquement, et même électoralement, acceptable, dès lors qu’on le décline bien sur des objectifs concrets.
Il peut même devenir alors la clé de voûte d’un ensemble cohérent de propositions institutionnelles pour un avenir à la fois soutenable et équitable.
C’est précisément un tel corpus de propositions réellement alternatives qui manque actuellement à la mouvance altermondialiste, pour faire pièce au paradigme de la croissance qui cimente, sous la trompeuse ligne de partage droite gauche, la parenté idéologique des néo- et des sociolibéraux et lui donne son assise de pensée unique.
La vigueur antinomique de l’idée de décroissance, qui impacte de front un imaginaire collectif colonisé à la fois par l’idéologie libérale (« consommez ») et par l’idéologie « progressiste » (l’âge d’or de l’abondance pour tous est au bout des luttes sociales et de la domestication de la nature), sa radicalité, même pondérée et encadrée par des critères de sélectivité et d’équité, déclencherait (nécessairement reprise par un parti ayant pignon sur l’agora), le débat de fond nécessaire au renouvellement du paysage politique français (les Présidentielles de 2007, quel horizon excitant !).
Cette idée prendrait valeur de repère pour un vaste électorat potentiel, notamment jeune, actuellement déboussolé, réfractaire au mirage consumériste, et bien conscient de l’urgence qu’il y aurait à changer de cap « avant le mur » (l’ampleur du mouvement de sympathie autour de la pré-campagne présidentielle de Pierre Rahbi en 2001 en a été un signe fort).
Notre petit parti s’honorerait de ne pas faillir à sa mission historique, qui est davantage sans doute, d’éveiller et conforter un mouvement social capable d’infléchir le cours des choses que de conquérir une majorité d’élus dans les institutions (même si, à terme, et en hypothèse d’école, les deux perspectives peuvent ne pas être contradictoires).
Ce serait prendre date et faire un pas dans cette direction qu’introduire dès aujourd’hui dans notre référentiel programmatique, comme un élément fondamental, cette notion de décroissance, que je propose de qualifier de « sélective » (selon des critères combinés écologiques et économiques) et « équitable » (selon des critères sociaux et mondialistes), donc « soutenable ».
Ce pourrait être, a minima, en modifiant le titre de la fiche A6 qui développe justement notre traditionnelle critique antiproductiviste et élimine, d’un coup de plume bien léger, la notion de décroissance soutenable.
Je propose donc de remplacer son titre actuel : « vers un développement soutenable » par : « VERS UN AVENIR SOUTENABLE PAR UNE DÉCROISSANCE SÉLECTIVE ET ÉQUITABLE »
Je suis d’accord avec vous dans une large mesure. Mais je ne vous suis pas tout à fait dans cette phrase :
« Le réchauffement climatique s’emballe, et au lieu d’agir puisqu’ils ont été désignés par les électeurs pour cela, certains élus Verts comme Cyril perdent leur temps à se battre contre des moulins à vents... »
J’entends souvent cette critique (l’extrême-gauche ferait mieux de s’unir face à la montée de l’extrême droite, etc.) mais ne la trouve pas pertinente dans la mesure où il faut bien que l’on détermine ce qui nous distingue d’un camp à l’autre. Avec qqn comme Cyril, il y a des valeurs communes, mais ce serait trop facile de croire que puisque ces valeurs communes existent, il faut faire abstraction de ce qui sépare. Pour lui, le social (reste à savoir ce que l’on met derrière ce mot...) est aussi urgent que la crise écologique.
Sinon, j’ai bien aimé votre parallelisme et espère que votre motion majoriatire serait à la fois "motrice" et "majoritaire"... au sein du parti...
de nombreux peuples vivent et ont vécu avec un niveau d’évolution social plus élevé que nous, et avec des outils rudimentaire.
je ne suis pas forcement d’accord pour le développement de l’énérgie solaire.
car le problème n’est pas de savoir quel croissance il faut mettre en place... ce qui est affirmer c’est que la dynamique progressiste évolutionniste est fondamentalement créatrice d’absurdité et d’involution.
il est clair que la production d’électricité par des voies qualifiées de durables - solaire, éolien - doit s’accompagner d’une diminution globale de la consommation électrique des ménages et autres afin d’avoir un sens.
Le problème de ces sources "propres" est qu’elles ont tendance à nous faire oublier que c’est à chacun de rationaliser sa consommation des ressources planétaires - et pas seulement pour des motifs d’économie- alors que l’idée généralement admise est de se demander ce que font ces chercheurs qui ne trouvent pas grand chose pour remplacer le pétrole.. Elles ne doivent pas être des supports qui nous permettraient de ’faire tenir’ notre civilisation quelques décennies de plus...
Des solutions alternatives existent, les chercheurs cherchent et trouvent. Ce qui manque c’est de la volonté politique.
Combien savent que l’on peut efficacement et durablement exploiter la biomasse à des fins énergétiques sans rien mettre en culture ?
Combien savent que leur rejet en matière organique suffirait à éclairer leur domicile tout en fournissant un engrais précieux ? Qui sait que ainsi on réduirait l’effet de serre naturel par la combustion de ce gaz issu de la biomasse ?
Qui sait que la synthèse et l’alimentation de dihydrogène nécessaire aux piles à combustible peut se faire sans produire de gaz à effet de serre (GES), par l’usage d’énergies fluctuantes (marémotrice par ex) règlant de ce fait le problème de puissance dont elles souffraient ?
Qui sait que l’on peut par une combinaison biomasse, énergie de flux, fournir de manière stable de l’électricité sans émettre de GES, en réduisant sa facture énergétique et sa dépendance énergétique ?
Qui sait que l’on pourrait et on le fait déja pour exploiter des gisements de pétrole, piéger du CO2 présent dans l’atmosphère et l’enfouir sous terre ? Qui sait que cette technologie est freinée par le manque de vision à long terme et l’absence de culture scientifique de nos décideurs ? Qui sait que les coûts d’une telle démarche sont évalués et qu’ils pourraient chuter si cette technologie se propageait, par des économies d’échelles ?
Les solutions techniques existent. Mais il est vrai qu’aucune ne vaut la sobriété. Bon sang comment l’organiser sans verser dans le totalitarisme ? A vous les philosophe, on a besoin de votre aide à ce stade !!
Amicalement
On peut se poser la question quand on voit des "Verts" cumuler les fonctions dans le parti, les assos, et les mandats... pas mal d’entre-eux sont des bien-pensants voire des opportunistes ! Et la décroissance leur fait peur car ils en sont encore au scientisme, à l’ethnocentrisme, le dévelloppement, etc.
Bref avec les Verts actuels on est mal barré !