
N’en déplaise aux amateurs de psychologie fantastique, Le Cauchemar de Don
Quichotte n’est pas le dernier opus d’un romancier ibérique. Comme ne
l’indique pas son titre, il s’agit d’une analyse de la société capitaliste. Ce
livre permet entre autre de comprendre comment la technique, qui est
indissociable du capitalisme, ne peut QUE conduire à la fin de la démocratie
réelle et à la suprématie de l’Économie sur les finalités humaines. Si cette
observation ainsi que les autres qui parsèment l’ouvrage peuvent paraître
naturelles à certains elles sont ici rigoureusement argumentées et documentées
mais surtout, sous un angle inhabituel.
Mais la plus grande originalité de ce livre est d’être basé sur une critique des critiques du capitalisme. C’est donc une lecture indispensable pour tous ceux qui se disent « reformistes » ou « anti-capitalistes », en somme tous ceux qui souhaitent un changement de société qu’il soit léger ou radical. En effet, les auteurs remettent en cause TOUTES ces critiques, non pour les disqualifier mais pour souligner leurs incohérences, leurs insuffisances et pour les faire avancer.
Finalement, Le Cauchemar de Don Quichotte. Sur l’impuissance de la jeunesse d’aujourd’hui présente une analyse et une critique du mode de développement capitaliste originale ou en tous cas trop rarement évoquée par les « alters » qui, pour les auteurs, ont tendance à s’arreter en chemin, à chercher un équilibre illusoire.
Un conseil : allez au moins jusqu’à la dernière ligne !
Présentation de l’éditeur, les Editions Climats : « Les économistes disant s’opposer frontalement au capitalisme ne peuvent en réalité s’empêcher d’être fascinés par ce que ce mode de production et de vie a fait accomplir aux hommes : la mise en valeur économique du monde. De ce processus, ils admettent l’essentiel : la dépendance quasi-totale de chacun vis-à-vis de l’appareil de production industriel moderne. La plupart sont incapables de se représenter le temps autrement que sous les catégories du travail ou de la consommation, c’est-à-dire de la nécessité : nécessité naturelle de survivre dans la pénurie, ou nécessité artificielle de suivre le rythme insensé du développement industriel. Mais l’entêtement de quelques économistes n’explique pas à lui seul l’impuissance de la jeunesse contestataire : il faut expliquer pour quelles raisons notre génération, celle des vingt-trente ans, se révèle, lorsqu’elle parvient à s’extraire de sa profonde apathie, à ce point réceptive à leur optimisme sans frein et à leurs illusoires solutions. Ne critiquant la société que du bout des lèvres tout en manifestant bien sûr bruyamment, la fraction politisée de notre génération rêve de développement économique citoyen et de socialisation des richesses. Dépourvue de mémoire historique, profondément consensuelle, prisonnière de l’idéologie progressiste, elle peine à comprendre que les pseudo nouvelles libertés qui lui sont vendues cachent en fait une coercition sociale toujours plus grande. Ceux qui sont nés à partir du début des années soixante-dix devront bien comprendre que des conditions matérielles d’existence censées être de plus en plus libératrices ne font en fait qu’engendrer toujours plus de domination et de souffrance. La flexibilité n’est pas la liberté ; l’hédonisme et la consommation culturelle de masse, non plus. »
On peu également lire un extrait de l’ouvrage et lire une revue de presse.
Références
Le cauchemar de Don Quichotte - Sur l’impuissance de la jeunesse contestataire -
par Mathieu Amiech et Julien Mattern
Éditions Climats
14 euros
160 pages
Enfin Le livre que j’attendais... clair, bien référencé et où surtout l’intelligence le dispute à la lucidité ! et oui, rien que ça ... ! Il analyse et identifie pécisement les raisons de l’impasse politique, environnementale et même anthropologique dans laquelle nous sommes actuellement.
Pas forcément trés optimiste... mais sans doute n’y a t il pas vraiment de quoi l’être...Au moins on pourra pas dire "qu’on savait pas... qu’on avait pas compris..."
A conseiller à toutes les personnes à qui on veut du bien, et en tout premier lieu à tous ceux qui ne veulent plus militer idiots.