
notes prises pendant l’atelier « comment monter une AMAP ? » animé par Daniel VUILLON 01/10/05 au salon du commerce équitable à l’Île-Saint-Denis (93)
Le principe des AMAP est né au Japon à la fin des années 60. Des mères de familles ont cherché à retrouver une sécurité alimentaire, dans un contexte de décès dus aux pesticides. Il s’agissait de maintenir des fermes traditionnelles en payant à l’avance les agriculteurs. Un tiers de la population japonaise est engagé aujourd’hui dans ce système, qui permet le maintien des exploitations dans les villes, ou proche des villes.
Ce principe s’est diffusé aux Etats-Unis en 1986, au Québec en 1998 et en France en 2001. Le contexte est à chaque fois identique, celui d’une lutte contre l’agriculture industrielle, des risques alimentaires qu’elle fait peser sur la population (le présentateur cite le chiffre de 50% de cancers qui seraient liés à l’alimentation), et d’une recherche de qualités gustatives des aliments.
Dans une AMAP, l’agriculteur sort de l’économie de marché, où il s’agit toujours de produire plus et moins cher. Le revenu de l’agriculteur est garanti et il n’est donc pas forcé à la quantité, mais plutôt à la diversité de la production pour satisfaire les familles. L’agriculteur peut ainsi aller progressivement vers l’agriculture biologique sans prendre de risque.
1ère étape. Rassembler un groupe de familles intéressées.
Il faut compter 40 familles de 3/4 personnes pour un agriculteur travaillant à temps plein, et fournissant un panier par semaine. Le nombre de familles doit être fixe pour une saison, puisque le nombre de plantations faites par l’agriculteur est en fonction de ce nombre.
2ème étape. Recherche d’un producteur situé à proximité des familles.
En région parisienne, il ne faut pas hésiter à allonger un peu les distances (50km, 100km). Le rachat collectif de terre peut aussi être une opportunité pour maintenir une proximité (comme au plateau de Saclay, situé à 15 min des Champs Elysées).
3ème étape. Visite "technique" chez le producteur d’une représentant du groupe, accompagné d’un producteur expérimenté en AMAP.
Il s’agit de faire un état des lieux de l’exploitation, et d’étudier avec le producteur la faisabilité d’une production en AMAP.
4ème étape. Rencontre à la ferme du groupe et du producteur.
L’agriculteur raconte au groupe comment il travaille, ce qu’il fait, etc. C’est à ce moment que la "mayonnaise doit prendre" et qu’une confiance doit pouvoir s’installer entre les partenaires.
Le prix du panier vaut : (le coût de la production + la rémunération du travail du producteur) / le nombre de paniers. Le prix moyen des AMAP existant est aux alentours de 22€. Il est aussi possible de faire plusieurs tailles de panier (un panier de 4Kg de légume à 10€, un autre à 15€, etc.)
La rémunération du producteur doit être l’objet d’un débat ouvert entre les partenaires. Par exemple, elle peut être la moyenne des revenus des amapiens. A chaque AMAP de décider et d’inventer des règles de fonctionnement qui conviennent à ses partenaires.
Les familles et le producteur s’engagent pendant une saison (6 mois). Les familles donnent des chèques faits en avance (par exemple un chèque pour chaque mois) que le producteur encaisse ensuite progressivement.
Mieux vaut se déclarer en tant qu’association loi de 1901 pour pouvoir bénéficier d’un local prêté par la Mairie. Ce local permet d’organiser la distribution et donc être le lieu où l’agriculteur va livrer sa production chaque semaine. Il permet d’accueillir les familles, d’afficher un tableau de composition des paniers, etc.
La charte de l’agriculture paysanne (pas de désherbant, de pesticides, d’engrais chimiques) peut être progressivement adoptée par l’agriculteur. Il faut lui laisser le temps pour cette transition.
Il faut mieux prévoir un turn-over important de familles entrant et sortant de l’AMAP (15%-20%), et donc constituer une liste d’attente.
Un journal de ferme peut être tenu par l’agriculteur chaque semaine, dans lequel il raconte ce qu’il fait et les événements de la ferme.